Corée du Sud: L’archevêque contre l’amnistie des deux anciens présidents

«Leur sortie de prison ne sert ni la justice

ni la réconciliation nationale»

Kwang Ju (Corée du Sud), 16 mai 1997 (APIC) Mgr Victorinus Kong-Hi Youn, archevêque de Kwang Ju (Corée du Sud), s’est prononcé publiquement contre l’amnistie que l’on veut accorder à Chun Doo-hwan et Roh Tae-woo, deux anciens présidents de la Corée du Sud et qui sont actuellement détenus depuis fin 1995.

Pour l’archevêque sud-coréen, «cette amnistie est un manquement grave à justice. Sollicitée seulement par quelques politiciens, cette requête contrarie de plus la réconciliation nationale. Elle favoriserait surtout les intérêts de quelques hommes politiques du pays».

La déclaration de Mgr Kong-Hi Youn coïncide avec les manifestations qui commémorent chaque année la répression sanglante, par la police et par l’armée, des membres du mouvement pour la démocratisation de Kwang Ju, le 18 mai 1980. Une répression qui avait fait officiellement 227 morts.

Le Parlement sud-coréen avait voté une loi spéciale, en décembre 95, autorisant des poursuites contre les deux anciens présidents pour le massacre de Kwang Ju. Ils avaient également été accusés d’avoir participé à des scandales financiers. L’aveu et les excuses publiques adressées à la nation le 27 octobre 1995 par l’ancien président Roh Tae-woo reconnaissant avoir constitué alors qu’il était au pouvoir, une caisse noire de 654 millions de dollars déposés dans différentes banques sous des noms d’emprunt, avaient provoqué un choc politique dans tout le pays. (apic/kna/ba)

6 avril 2001 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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