Un groupe protestant fait de la résistance

Corée du Sud: Remous autour d’une décision de justice sur l’euthanasie

Séoul, 24 décembre 2008 (Apic) Un groupe hospitalier protestant a fait appel à une décision de justice d’autoriser l’euthanasie d’une patiente soignée dans son établissement. L’avocat de la famille demande à ce groupe de retirer la procédure. L’hôpital avait jusqu’au 17 décembre pour rendre exécutoire la décision du tribunal. Remous.

Park Chang-il, président du groupe protestant Yonsei University Health System, qui dirige le Severance Hospital à Séoul, s’est pourvu en appel, pour contester cette décision. Lors d’une conférence de presse, rapportée par Eglises d’Asie, il a expliqué avoir déposé un appel auprès de la Haute Cour, considérant que la question méritait d’être étudiée avec le plus grand soin et qu’elle ne pouvait être réduite à des simplifications hâtives.

Le 28 novembre, la Cour du district de Séoul-Ouest a ordonné à l’hôpital de stopper les soins qui maintenaient en vie une femme de 76 ans, en raison du fait que « la poursuite d’un traitement sur un patient sans espoir de guérison n’avait aucun sens médicalement parlant ». Un responsable de l’hôpital avait déclaré le 4 décembre que l’hôpital déciderait le 17 décembre comment répondre à l’ordre du juge Kim Cheon-soo. Ce dernier avait statué qu’étant donné « l’état désespéré et le grand âge » de la patiente, de religion protestante, on pouvait présumer qu’elle aurait préféré une mort naturelle. Il précisait également que les membres de sa famille disaient qu’elle avait exprimé le désir de mourir naturellement, sans prolonger sa vie par des moyens artificiels.

Le coeur de la patiente s’était arrêté au cours d’une endoscopie bronchique le 16 février dernier mais les médecins avaient réussi à la réanimer. Depuis, elle se maintient au stade végétatif, incapable de respirer par elle-même ; elle est maintenue en vie sous respiration artificielle. En mai, sa famille a déposé une requête pour stopper un traitement qu’elle considérait « dénué de signification ».

Dans son communiqué du 17 décembre, Park Chang-il a souligné que la Corée « ne s’était pas encore dotée de normes clairement définies » au sujet de l’arrêt des soins vitaux à ce type de patients. Il a ajouté que la patiente « pouvait tout au plus espérer vivre 3 à 4 mois » avec une assistance thérapeutique adaptée.

Pas contradictoire

Le 18 décembre, Baek Kyoung-hee, l’avocat de la patiente et de sa famille, a publié un communiqué de presse pressant l’hôpital de retirer sa demande d’appel. La déclaration de l’avocat s’appuie sur le fait que si les autorités de l’hôpital avaient tant soit peu pitié de la situation de la patiente et de sa famille, elles arrêteraient immédiatement les soins et respecteraient sa dignité humaine.

Selon certains experts catholiques en bioéthique, la décision du tribunal n’est pas contraire aux enseignements de l’Eglise catholique. Interrogé par Ucanews, le P. Remigio Lee Dong-ik, secrétaire du Comité épiscopal de bioéthique et professeur de théologie morale à l’Université catholique de Séoul, cité par Eglises d’Asie, a déclaré que si le protocole médical n’a pas répondu aux attentes, arrêter celui-ci « avec le consentement du patient » est conforme à ce qu’expose « la Déclaration sur l’euthanasie », un document émanant de la Congrégation pour la doctrine de la foi, daté du 5 mai 1980.

Dans son IVème chapitre, le document du Vatican stipule que « dans l’imminence d’une mort inévitable malgré les moyens employés, il est permis en conscience de prendre la décision de renoncer à des traitements qui ne procureraient qu’un sursis précaire et pénible, sans interrompre pourtant les soins normaux dus au malade en pareil cas. Le médecin ne pourrait alors se reprocher la non-assistance à personne en danger ». (apic/eda/pr)

24 décembre 2008 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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