Royaume-Uni: Le Parlement en faveur de l'interdiction des avortements basés sur le sexe de l'enfant

Corriger un flou dans la législation

Londres, 5 novembre 2014 (Apic) Les parlementaires britanniques ont voté à 181 voix contre 1 pour un projet de lois interdisant les avortements basés sur le sexe de l’enfant à naître. Un flou réside pour l’instant dans la législation quant à la possibilité de poursuivre des médecins qui auraient pratiqué de tels actes sur demande des parents.

Le projet de loi sera voté en deuxième lecture en janvier 2015, indique le 4 novembre 2014 le quotidien britannique «The Telegraph».

L’incertitude juridique sur ce genre d’avortements a été mise en évidence l’année passée, lorsque le procureur général Keir Starmer avait abandonné les charges pesant contre deux médecin filmés en train d’arranger un avortement sur le simple motif que le fœtus était de sexe féminin. Le magistrat avait expliqué que la loi n’interdisait pas explicitement ce genre d’opérations basées sur le sexe.

En janvier 2013, le gouvernement britannique avait constaté que la pratique des avortements selon le sexe existait dans certaines communautés étrangères du Royaume-Uni au sein desquels les filles sont moins bien considérées que les garçons. C’est une nette différence du ratio de naissances entre les deux sexes qui avait alarmé les services de santé.

Pressions de l’environnement familial

Bien que les députés aient largement soutenus l’interdiction, des voix se sont élevées au Royaume-Uni pour défendre la légalité de ce type de sélection abortive. Ainsi, l’Association médicale britannique a argué que le fait d’avoir un enfant d’un sexe déterminé pouvait justifier un avortement dans le cas où la santé mentale de la mère serait en jeu.

Certains opposants à une interdiction ont également estimé que ce genre d’avortements était en mesure de protéger des femmes se trouvant sous l’intense pression de leur partenaire pour donner naissance à un garçon.

Fiona Bruce, la parlementaire à l’origine du projet de loi a répliqué que, dans de tels cas, c’était le caractère abusif du partenaire qui devait être traité en premier lieu, un point contenu dans la motion. (apic/teleg/arch/rz)

5 novembre 2014 | 11:35
par webmaster@kath.ch
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