Costa Rica: La «condamnation» de Jon Sobrino «mauvaise pour l’Eglise» selon Leonardo Boff
Jésuite accusé de trop humaniser le Christ
San Jose, 15 mars 2007 (Apic) La «condamnation» du jésuite Jon Sobrino par le Vatican est «mauvaise pour l’Eglise», selon le théologien de la Libération, Leonardo Boff. Elle ne fera que raviver le débat autour de ce mouvement, a-t-il affirmé mercredi 14 mars.
Le père Sobrino, 67 ans, résidant à San Salvador n’a pas encore réagi à la mesure prise par le Vatican, préférant rester sur la réserve, selon un représentant de l’Université Centroaméricaine où le jésuite enseigne la théologie. La mise en garde par l’actuel préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi du Vatican, le cardinal américain William Levada, porte sur la non-conformité des thèses du jésuite avec la doctrine de l’Eglise.
Pour Leonardo Boff, «la condamnation de Jon Sobrino, l’un des théologiens les plus sérieux, les plus évangéliques, revêt une gravité particulière». Une telle «condamnation» désespère les pauvres et détruit une personne au grand talent spirituel, a-t-il poursuivi.
Cette mesure, la première prise à l’encontre d’un théologien depuis le début du pontificat de Benoît XVI, a été précédée de onze autres censures de la part du Vatican depuis 1965. La plupart des «condamnations» ont été prononcées sous le pontificat de Jean Paul II, alors que le cardinal allemand Joseph Ratzinger était le préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi.
Développée depuis les années 70 dans les pays d’Amérique latine, la théologie de la Libération cherche à unir la défense des valeurs chrétiennes à la lutte pour les droits des plus défavorisés. Le Père Sobrino, d’origine espagnole, s’est engagé dans la lutte pour les droits des défavorisés au Salvador.
Le père jésuite Federico Lombardi, porte-parole du Vatican a précisé qu’une mise en garde n’est ni une sanction ni une condamnation. Malgré cela, l’archevêque de San Salvador, Mgr Fernando Sanez Lacalle, membre de l’Opus Dei, a déjà interdit d’enseignement et de publication le théologien.
Il est reproché au Père Sobrino d’insister trop sur la dimension humaine du Christ, et pas assez de sa dimension divine. De plus, sa conception de «l’Eglise des pauvres» ne correspond pas vraiment à la théologie officielle qui parle «d’option préférentielle pour les pauvres».
En Amérique latine, les ouvrages du Père Sobrino connaissent une large audience. Ces textes, «Jésus Christ libérateur» et «La foi en Jésus Christ» ont été l’objet d’une enquête dès 2001, ce qui a entraîné «une procédure d’urgence». (apic/ag/js)



