Les milliers de domestiques sont la proie facile du travail forcé
Costa Rica: Lancement d’une campagne d’information et de sensibilisation des patrons
De notre correspondante à l’ONU, Inès A. Chittilappilly
San José, 24 juin 2001 (APIC) Les milliers d’employés de maison du Costa Rica sont la proie facile du travail forcé. Le bureau de l’Organisation Internationale pour les Migrations (OIM), au Costa Rica, lance une campagne d’information sur les droits des travailleurs domestiques. Public cible: les employés et leurs employeurs.
La première partie de la Campagne de l’OIM vise 15’000 employés et leurs 10’000 patrons à San José, la capitale. Si bien cette première part est sous la responsabilité de l’OIM, elle s’inscrit dans un grand projet du BIT (Bureau International du Travail) et une ONG locale, Asociación de Trabajadoras Domésticas (ASTRADOMES).
Le dernier rapport du BIT explique que les employés de maison sont souvent très isolés et exposés aux abus en matière de législation du travail dont ils sont d’ailleurs les parents pauvres. Lorsque les domestiques sont des travailleurs migrants, les problèmes sont encore plus graves, expliquent les experts.
Migrants nicaraguayens premières victimes
La Campagne vise à faire connaître les devoirs et les responsabilités des deux parties (travailleurs et employeurs), dans le cadre des lois du Costa Rica. Le message se dirige spécialement aux femmes venues du Nicaragua travailler au Costa Rica et ignorant leurs droits et les conditions sociales.
Petit paradis pour ses voisins, le Costa Rica attire les travailleurs de l’Amérique Centrale depuis les années 1960. Les grandes crises économiques ont obligé les paysans à quitter la campagne et à trouver du travail dans les villes ou à traverser les frontières. A la fin des années 1970, les gens s’expatriaient à cause des conflits armés. Le nombre des ressortissants du Nicaragua au Costa Rica a doublé à cette époque.
Le récent ouragan Mitch et ses conséquences néfastes ont provoqué des nouveaux mouvements migratoires, après une période de relative stabilité.
La majorité des migrants nicaraguayens qui travaillent au Costa Rica ont entre 20 et 49 ans. La plupart travaille dans des professions non qualifiées et plus du 50% des femmes trouvent leur place comme domestiques. Elles sont sous-payées et seulement 15% bénéficient des avantages sociaux, pourtant bien inférieurs de ceux accordés par la loi.
Selon une étude récente montre que seulement 19% des personnes interrogées connaissent leurs droits. Un réseau mafieux profite de leur ignorance et les exploite. La campagne tente d’améliorer cette situation à travers des brochures explicatives. (apic/ines/mjp)




