Les prélats accusent les hommes politiques de manque de courage
Côte-d’Ivoire: Consultation pour sortir de la crise
Abidjan, 25 avril 2005 (Apic) Les évêques et archevêques de Côte-d’Ivoire s’attaquent aux hommes politiques du pays et critiquent la communauté internationale. La Côte-d’Ivoire est engluée dans une crise politico- militaire depuis septembre 2002.
Lors d’une rencontre avec le président ivoirien Laurent Gbagbo, le 20 avril dernier, les évêques et archevêques de Côte-d’Ivoire lui ont déclaré que «la classe politique de Côte-d’Ivoire n’a pas le courage de la vérité», selon le quotidien ivoirien, «Notre Voie».
La rencontre entre le président Laurent Gbagbo et les prélats ivoiriens s’inscrivait dans le cadre des consultations du chef de l’état sur une proposition faite par le président sud-africain, Thabo Mbeki. Ce dernier, mandaté par l’Union Africaine pour servir de médiateur dans le conflit, a demandé, entre autres, l’ouverture de l’élection présidentielle d’octobre prochain à tous les candidats, dont l’opposant Alassane Dramane Ouattara. Le rejet de la candidature de ce dernier, pour cause de nationalité douteuse est à la base de la crise actuelle en Côte- d’Ivoire.
Pour les prélats catholiques, le peuple ivoirien «crie sa désolation et aspire à la paix». «Chaque jour, affirment les évêques, nous rencontrons des hommes et des femmes, des jeunes et des enfants, physiquement, moralement et matériellement détruits par cette crise». «Nous voulons la paix. Mais faut-il l’accepter à n’importe quel prix ?» s’interrogent-ils. Si seulement la classe politique ivoirienne «avait eu le courage de la vérité», ont-ils souhaité.
Ils ont aussi reproché à la communauté internationale «de ne pas respecter la souveraineté de la Côte-d’Ivoire». En janvier 2003, la communauté internationale avait parrainé la conférence de réconciliation de Marcousis (banlieue parisienne). Le pouvoir du président Laurent Gbagbo fut limité au profit du Premier ministre. Pour les évêques, ces accords ont toujours ignoré «le bien de la Côte-d’Ivoire, en oubliant sa souveraineté», Ces derniers reprochent à la communauté internationale de ne pas avoir dénoncé les accords de Marcoussis «qui institutionnalisent l’injustice faite à la Côte-d’Ivoire». (apic/ibc/vb)



