Le secours alimentaire d’urgence compromis faute d’argent

Côte d’Ivoire: Cri d’alarme du Programme alimentaire mondial

Dakar, 10 février 2003 (APIC) Le Programme alimentaire mondial (Pam) lance un cri d’alarme en Côte-d’Ivoire. Le manque de financement menace ses efforts d’assistance humanitaire d’urgence aux victimes du conflit en cours. Si la communauté internationale ne fournit pas de dons immédiatement, les opérations du Pam seront rapidement compromises.

Dans un communiqué rapporté par le Réseau d’Information des Nations-Unies (Irin), le Pam précise qu’au moins 800’000 personnes ont fui en direction du sud de la Côte-d’Ivoire, en provenance du nord et du centre du pays. En plus, 300’000 autres ont été déplacées dans les environs de Man, une ville de l’ouest. En plus, 200’000 civils, essentiellement des travailleurs immigrés des pays voisins du Burkina Faso, de la Guinée, du Liberia et du Mali, ont quitté le pays. Pendant ce temps, la situation ne cesse de se détériorer.

Face à cette situation, le Pam lance un appel de fonds pour un montant de 6,6 millions de dollars pour une période initiale de cinq mois. Il permettra de répondre aux besoins élémentaires d’environ 170’000 personnes affectées par le conflit. Parmi celles-ci, il y a 100’000 bénéficiaires de rations alimentaires de secours en Côte d’Ivoire, et des réfugiés vivants dans les pays voisins.

Depuis le début de la crise en septembre dernier, seuls l’Allemagne, l’Italie, la Suisse et le Luxembourg ont donné des contributions. Elles n’ont couvert seulement que 30% des besoins nécessaires. Avec ces contributions, le Pam a pu répondre aux besoins les plus pressants des dizaines de milliers de personnes ayant fui les régions du centre et de l’ouest, a indiqué le coordinateur des secours du Pam à Abidjan, Gemmo Lodesani.

A Bouaké, une ville du centre tenue par les rebelles, plus de 60% des familles n’ont eu aucun revenu depuis l’éclatement du conflit. Le reste a perdu 80% de son pouvoir d’achat. A part les déséquilibres nutritionnels, l’accès aux structures médicales et aux médicaments est très faible et coûteux.

L’insécurité vient encore compliquer la tâche

Grâce aux couloirs humanitaires, les victimes de la guerre dans les régions du nord et du centre de la Côte d’Ivoire ont pu recevoir des secours alimentaires, presque sans interruption. Mais la situation dans l’ouest est très grave et le vide en matière de sécurité a entravé les opérations humanitaires.

Pour renforcer sa présence aux côtés des populations civiles, le Pam a ouvert cinq nouveaux bureaux dans le pays, notamment à Daloa (sud-ouest), Yamoussoukro (capitale administrative), Bouaké et Korhogo (nord).

Selon le Pam, les accords signés par les belligérants, en octobre, décembre et janvier derniers, garantissent aux agences humanitaires, un accès sûr vers les populations déplacées. Toutefois, dans la partie ouest, cet accès est toujours impossible. Car, le Mpigo (Mouvement Populaire Ivoirien du Grand Ouest) et le Mjp (Mouvement pour la Justice et la Paix) qui contrôlent la région, n’ont pas de structures de commandement central fiables.

La crise ivoirienne, souligne le Pam, a également eu un impact au Liberia voisin. Environ 70’000 personnes, dont 40’000 ivoiriens y ont trouvé refuge. Ceci constitue un fardeau supplémentaire pour les efforts humanitaires visant à aider les réfugiés internes du Liberia qui sont au nombre de 185’000. (apic/ibc/sh)

10 février 2003 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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