Bilan des victimes en hausse

Côte d’Ivoire: Déchets toxiques illégaux

Abidjan, 11 septembre 2006 (Apic) Les habitants de plusieurs quartiers d’Abidjan se sont rendus dans des centres sanitaires pour des symptômes liés au déversement de déchets toxiques d’il y a trois semaines.

Selon l’agence catholique MISNA, les médecins du quartier où des déchets toxiques ont été déversés dans la décharge sont sur pied de guerre. «J’effectue moi-même une centaine de consultations par jour depuis environ une semaine. Dans le service nous sommes quelque 15 médecins» déclare un docteur du Centre hospitalier universitaire (CHU) de Cocody, un des quartiers où les déchets chimiques ont été déversés dans la nuit du 19 au 20 août par un camion affrété par un navire étranger. Entre temps, le ministre de la Santé ivoirien a diffusé le 10 septembre le bilan des victimes, faisant état de plus de 5’000 intoxications – jusqu’ici 1.500 – et confirmant les trois décès, déjà annoncés avant-hier.

Les malades se plaignent généralement de vomissements, éruptions cutanées, malaises, maux de tête et problèmes respiratoires causés par les émanations de produits chimiques. «Nous localisons tous les sites où les déchets ont été déversés pour ensuite les sécuriser. Mais malgré tout il s’agit de substances volatiles qui persistent et se déplacent au gré des vents et des pluies aussi» avait expliqué jeudi à la MISNA André Doh, directeur du Comité ivoirien anti-pollution (Ciapol), un établissement public national chargé de surveiller la qualité des eaux et de l’air en Côte d’Ivoire. Hier, le ministre de la Planification Paul Bohoun Bouabré avait annoncé que les déchets allaient être prélevés et transportés dans des sites «sûrs» et que «leur stockage était une priorité».

«Le désastre d’Abidjan est une illustration particulièrement douloureuse de la souffrance humaine causée par les déversements illégaux de déchets» a commenté Achim Steiner, directeur exécutif du Programme des Nations unies pour l’Environnement (Pnue). (apic/misna/vb)

11 septembre 2006 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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