Débloquer la crise politique
Côte d’Ivoire: L’opposition prête à reprendre le dialogue
Abidjan, 19 avril 2004 (Apic) L’opposition ivoirienne a accepté de reprendre le dialogue avec le président de Côte d’Ivoire Laurent Gbagbo. Ce dernier s’est dit prêt à examiner les conditions de la partie adverse, pour débloquer la crise qui perdure depuis fin mars.
Les partis de l’opposition et les ex rebelles, regroupés sous l’appellation «M 7», ont confirmé leur disponibilité dans les tractations avec le président Gbagbo. Les sept partis, qui étaient sortis du gouvernement d’unité nationale, reprochant au gouvernement de ne pas respecter les accords de Marcousis, en France, signés en janvier 2003, pour mettre fin à la guerre, ont souligné que les rencontres reprendront seulement après qu’une cérémonie religieuse pluriconfessionnelle aura eu lieu à la mémoire des victimes des violences du 25 mars.
A cette date, l’opposition avait organisé une manifestation de protestation qui avait été contrée par les forces de l’ordre provoquant affrontements, morts et blessés. D’après le gouvernement, 37 personnes avaient été tuées, mais d’après l’ancien président Henri Konan Bédié, une des dirigeants de l’opposition, les affrontements entre manifestants et forces de l’ordre avaient fait de 350 à 500 morts.
Le pays est toujours divisé depuis 2002
Une commission d’enquête internationale des Nations Unies s’est mise au travail ces jours derniers pour enquêter sur ces affrontements. Les obstacles au dialogue avec le gouvernement, selon l’opposition, et qui seront en discussion ces jours prochains sont «la sécurité des personnes et des biens, le respect du droit de manifestation, l’accès équitable aux moyens de communications pour tous les partis et acteurs de la scène politique nationale».
A deux ans et demi de l’insurrection armée, qui a commencé le 19 septembre 2002, le pays est encore divisé. Le nord ouest est sous le contrôle de la rébellion et le sud sous le contrôle du gouvernement
Selon l’agence Fides, de Rome, «pour éviter de nouveaux affrontements et de nouveaux morts, le président Gbagbo et les partis d’opposition se sont mis d’accord sur l’autorisation de nouvelles manifestations après le 30 avril, sous le contrôle de la force de paix de l’ONU, qui se déploie dans le pays». Le contingent de l’ONU sera déployé le long de la ligne de division entre les deux régions, et dans plusieurs points stratégiques du nord et du sud du pays. La force de paix des Nations-Unies comptera 6’000 hommes. Les 1’500 militaires africains déjà présents dans le pays, dans le cadre de la force de paix envoyée par la Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest, seront englobés dans le contingent de l’ONU. Les 4’000 militaires français resteront dans le pays sous le commandement de Paris
Toutefois, «le programme de désarmement des factions ivoiriennes semble encore bloqué, après avoir été annoncé puis renvoyé à plusieurs reprises» précise l’agence.Fides. (apic/misna/fides/vb)



