L’archevêque d’Abidjan, Mgr Agré, tance les politiciens

Côte d’Ivoire: La Conférence des évêques invite au dialogue

Abidjan, 2 novembre 2000 (APIC) Les évêques catholiques de Côte d’Ivoire ont diffusé pour la Toussaint un message invitant la population à la paix. A travers la télévision ivoirienne, les évêques demandent aux fidèles de prier, à l’occasion de la journée des morts le 2 novembre, pour toutes les personnes qui ont perdu la vie lors des incidents de la semaine dernière. Mgr Agré tance pour sa part les politiciens, alors que le médiateur du pays annonce la mise sur pied d’un comité de médiation pour la réconciliation nationale, composé de représentants musulmans, catholiques et politiques.

Le bilan des victimes des émeutes fait justement l’objet d’une controverse entre les sources gouvernementales et celles de la société civile. Le chiffre de 150 morts avancé par les forces de l’ordre seraient en effet bien inférieur à la réalité. Le Mouvement pour les droits de l’Homme de Côte d’Ivoire en dénonce près de 500. Selon des sources de l’agence Misna, les victimes pourraient être plus nombreuses encore.

«Dans certaines localités, même de petite dimension – expliquent des représentants de la société civile – il a fallu une journée entière pour enterrer tous les cadavres».

L’archevêque d’Abidjan, Mgr Philippe Agré, a de son côté violemment dénoncé les «tueries» dues à la haine et à la peur. L’archevêque s’en prend aux politiciens de son pays. Il les accuse d’avoir «commandité ce qui est arrivé».

Le prélat a lancé un appel à tous les Ivoiriens, les invitant à refuser de «pactiser avec ceux et celles qui font un amalgame du politique et du religieux». «Détruire, brûler une mosquée ou une église est un sacrilège», a-t-il souligné, avant de demander aux populations d’éviter de participer à «ces campagnes ignobles» et de dépasser les rancunes et les frustrations. Mgr Agré a enfin plaidéé en faveur d’un engagement dans un processus de réconciliation. Les chrétiens, a-t-il indiqué, doivent associer les musulmans et les adeptes des autres religions au pouvoir. Il doit en être de même pour tout dirigeant musulman qui serait au pouvoir.

Comité de médiation pour la réconciliation

Par ailleurs, le médiateur de la république de Côte-d’Ivoire, Mathieu Ekra, a annoncé mardi soir la mise sur pied d’un comité de médiation pour la réconciliation nationale. Composé de représentants de musulmans, de l’église catholique, notamment, et de religions traditionnelles, ainsi que des partis politiques et de la société civiles, cette structure servira de cadre de dialogue pour l’instauration d’un climat de compréhension et de confiance dans le pays. (apic/mna/ibc/pr)

2 novembre 2000 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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