Réformes bloquées
Côte d’Ivoire: La crise ivoirienne s’accentue
Abidjan, 3 novembre 2004 (Apic) Le parti du président Gbagbo, le Front populaire ivoirien (Fpi) bloque les réformes politiques au niveau du parlement. Les rebelles suspendent leur participation au gouvernement et décrètent un état d’urgence au Nord. Le premier ministre ivoirien Seydou Diara menace de démissionner. Tout indique que la crise ivoirienne s’accentue.
«Depuis le lundi 1er novembre 2004, des sources concordantes annoncent la volonté du Premier ministre de réconciliation nationale, Seydou Diarra, de démissionner de son poste», rapporte le journal ivoirien «La Fraternité du Matin» dans son édition du 2 novembre 2004. «C’est justement la mauvaise application de ces accords dits d’Accra III par les principaux belligérants qui est à la base de la grosse colère du locataire de la primature ivoirienne», explique le quotidien.
La semaine passée au cours d’une conférence de presse à Bouaké, ville située au centre du pays, quartier général de la rébellion, Guillaume Soro, chef du mouvement rebelle Forces nouvelles, a annoncé la reprise des conflits armés. «Le désarmement n’est plus d’actualité car la guerre n’est pas finie, elle va reprendre bientôt», a-t-il déclaré.
Les Forces nouvelles qui contrôlent encore la moitié nord de la Côte d’Ivoire avaient annoncé avoir découvert un important stock d’armes et de munitions dans un camion de transport de marchandises à Bouaké. Le chef des rebelles avait accusé le président Laurent Gbagbo d’avoir introduit clandestinement des armes destinées aux partisans d’Ibrahim Coulibaly. Ce dernier est un chef du mouvement rebelle en exil connu sous le pseudonyme de «IB» et considéré comme le principal concurrent de Soro à la tête du mouvement. Les partisans de ces deux leaders de l’opposition armée ivoirienne s’étaient affrontés en juin 2004. Le bilan des affrontements était de 99 morts.
Le calendrier adopté par les protagonistes de la crise ivoirienne à Accra III avait prévu le début du désarmement le 15 octobre 2004. Celui-ci devait être précédé par les réformes politiques dont la date butoir était fixé au 30 septembre 2004. Les réformes politiques devraient accorder plus de droit aux quatre millions d’étrangers et à leurs descendants vivant en Côte d’Ivoire et originaires d’autres pays d’Afrique de l’ouest. (apic/dia/pr)




