Côte-d’Ivoire: Séminaire sur la réconciliation nationale
Abidjan, 22 avril 2001 (APIC) Hommes politiques, représentants de la société civile et des différentes confessions religieuses, défenseurs des droits de l’homme de Côte-d’Ivoire, ont préconisé la mise en place, dans le pays, de programmes nationaux d’éducation, d’information et de sensibilisation sur les religions, l’issue d’un séminaire de réconciliation national.
Ces meures, ont-ils estimé pourraient aider à résoudre les différends socio-politiques dans le pays où près de deux cents personnes ont été tuées en octobre dernier lors de troubles à caractère xénophobe, tribaliste et confessionnel.
Dans le même ordre d’idées, ils ont souhaité qu’un statut de langues nationales soit accordé aux dialectes les plus couramment parlées en Côte d’Ivoire: l’akan, le krou, le malinké et le gour. L’enseignement religieux, ont-ils souligné, aura pour enjeu, la connaissance de l’histoire et des préceptes des grandes religions, «dans le strict respect du principe de la laïcité de l’Etat».
Le séminaire, tenu à Grand-Bassam (est du pays) du 17 au 19 avril dernier, a également recommandé la dépolitisation du processus de réconciliation nationale, l’approfondissement du système démocratique, la construction de l’Etat de droit. Il a lancé un appel aux hommes politiques ivoiriens afin qu’ils forment leurs cadres et militants et qu’ils aient «une forte implantation dans le pays afin de dépasser l’ethnicité et le régionalisme politique».
Enfin, la nécessité de publier les résultats des enquêtes sur les affrontements meurtriers, ainsi que sur les attaques contre les biens publics et privés, lors de l’élection présidentielle du 26 octobre 2000, a été également suggérée.
Le séminaire a rassemblé plus d’une centaine de participants. Il était organisé à l’initiative du gouvernement ivoirien et du Comité de Médiation et de Réconciliation Nationale (CMRN). Son objectif était d’une part, de recueillir les informations sur les causes profondes, potentielles et réelles des clivages ethniques, régionaux et socio-politiques. D’autre part, de proposer les voies et moyens susceptibles de «réparer la déchirure du tissu social et politique» en Côte d’Ivoire depuis la présidentielle de l’année dernière, tout en renforçant la cohésion nationale. (apic/ibc/pr)



