Coup de théâtre à l’ECR (Eglise catholique romaine – Genève). A l’occasion de la présentation du budget 2005, à nouveau déficitaire, les responsables financiers de l’Eglise ont décidé de mettre à contribution les paroisses. Une raison: le trou
Une «motion de solidarité», adoptée à l’unanimité, demande formellement à celles-ci de partager leurs bénéfices avec l’ECR. «Ce n’est pas une aide, c’est de la justice», a souligné Mgr Pierre Farine, en saluant «le grand pas qui vient d’être fait».
Si les membres de l’ECR montent ainsi au créneau, c’est que la situation financière de l’Eglise cantonale l’exige. Avec 9,4 millions de dépenses et 8,3 millions de revenus courants (une évaluation très optimiste), le projet de budget 2005 laisse apparaître un découvert de 1,1 million, ramené à 500’000 francs en tenant compte de produits extraordinaires guère fiables.
Des comptes tellement serrés qu’ils ne laissent aucune marge de manoeuvre, sauf à supprimer des postes. Raison pour laquelle le Conseil des archiprêtres, qui est l’organisme faîtier des prêtres de Genève, a appelé ses membres à renoncer, pour 2005, à l’adaptation de salaire prévue par leur nouveau statut diocésain, entré en vigueur début 2004. Quant aux agents pastoraux laïcs – dont certains sont dans des situations critiques – ils devront eux aussi, pour cette année, faire une croix sur la réévaluation salariale à laquelle ils auraient droit, et qu’on leur promet d’ailleurs depuis longtemps.
La revalorisation des salaires, prêtres et laïcs compris, pèserait en effet quelque 750’000 francs supplémentaires – une somme que l’Eglise cantonale n’a pas !
Conscients que la situation ne peut plus durer, les membres de l’ECR ont donc décidé, lors de leur assemblée générale de fin d’année, tenue le 9 décembre, de chercher l’argent là où il est, et en premier lieu dans les quelque 55 paroisses du canton. Totalement indépendantes financièrement, celles-ci sont donc invitées à «participer elles aussi à l’effort de partage et de solidarité de tous les partenaires de l’Eglise». Concrètement, cela signifie que les paroisses qui font du bénéfice sont priées de verser le tiers de ce bénéfice à l’Eglise cantonale «afin que celle-ci puisse assumer les engagements pris face à ses employés».
Rappelant que c’est l’Eglise cantonale qui paie les prêtres et les agents pastoraux mis au service des paroisses, Mgr Farine estime que cette décision est la seule voie raisonnable et possible. «Si nous n’arrivons pas à susciter un minimum de solidarité dans les paroisses, alors je ne sais pas quelle Eglise on est!». (apic/gt/pr)




