Crainte d’une «islamisation» des droits civils
Malaisie: Les Eglises se disent préoccupées par les projets de loi sur les religions
Kuala Lumpur, 24 juillet 2009 (Apic) Les Eglises chrétiennes en Malaisie se disent préoccupées par les changements annoncés par le gouvernement aux lois qui régulent les rapports entre la sphère civile et la sphère religieuse. Elles craignent que certains acquis soient remplacés par des prescriptions islamiques.
L’administration du Premier ministre Najib Razak s’est prononcée an faveur de certains amendements à la loi constitutionnelle qui règle les conversions, les mariages et les divorces, relève l’agence catholique Fides. Les Eglises chrétiennes demandent que, dans les modifications qui seront éventuellement apportées, trois points restent inchangés. D’abord, dans un mariage célébré civilement, dans le cas de la conversion d’un de deux conjoints à l’islam, la juridiction exclusive pour les questions et les disputes doit rester l’apanage des tribunaux civils. Ensuite, la religion des enfants et des jeunes de moins de 18 ans ne doit pas pouvoir être modifiée par un des deux parents sans le consentement de l’autre conjoint. Enfin, le conjoint converti à l’islam ne doit pas manquer aux devoirs prévus par la loi civile.
Beaucoup de Malaisiens – remarquent les chrétiens – croient et soutiennent avec force le bien fondé de ces trois principes qui concernent les minorités non musulmanes et les rapports entre les différentes communautés religieuses. Le danger est que les éventuels changements fassent pencher la législation en faveur des prescriptions islamiques, affirme Fides.
Actuellement en Malaisie, le système juridique est à double face: les tribunaux islamiques, qui appliquent la charia, règlent les questions de droit civil pour les citoyens musulmans. Les tribunaux civils d’état concernent en revanche les citoyens non musulmans. La religion islamique est professée par environ 60% des 28 millions de Malaisiens. (apic/fides/bb)



