Suisse: Terre des hommes s’oppose à l’ordonnance fédérale sur l’adoption

Crainte de trafic d’enfants

Lausanne, 22 septembre 2009 (Apic) L’organisation non gouvernementale «Terre des hommes» s’élève contre l’ordonnance fédérale sur l’adoption. Elle craint que la diminution des exigences concernant l’activité d’intermédiaires ne conduise à un trafic d’enfants.

La mise en consultation de l’ordonnance fédérale suisse qui règle le placement d’enfants à des fins d’entretien et en vue d’adoption fait craindre à Terre des hommes (Tdh) que l’on ne respecte plus l’intérêt supérieur de l’enfant et les principes éthiques». La nouvelle ordonnance se contenterait, selon l’organisation, d’exiger des connaissances suffisantes du contexte culturel et social des pays d’origine de la part des parents adoptants.»

Terre des hommes déplore que le travail de l’organe intermédiaire ne soit plus spécifié dans le projet fédéral. «Aucune tâche formelle ne lui est confiée, alors même que la préparation des parents, la détermination du profil de l’enfant, l’élaboration et le traitement du dossier dans le pays d’origine, l’accompagnement de la famille après l’arrivée de l’enfant sont décisifs contre les trafics et pour assurer le bien du petit adopté», peut-on lire dans le communiqué de Tdh.

«Il faut augmenter la qualité des services rendus par les intermédiaires plutôt que d’ignorer leur existence.» observe Marlène Hofstetter, responsable du service adoption de Terre des hommes. «Car les intermédiaires interviennent en fait tout au long de la procédure d’adoption. Les autorités de certains pays obligent du reste les adoptants à recourir à un organisme spécialisé.» C’est notamment le cas d’Etats qui n’ont justement pas ratifié la Convention de la Haye qui précise les mesures de protection de l’enfant en cas d’adoption internationale. Le commerce de bébés ou d’autres opérations grises y sont forcément plus fréquentes, ajoute la responsable.

Dans la révision de l’ordonnance, la claire séparation des domaines de l’accueil et de l’adoption réjouit Tdh. La plus grande organisation suisse d’aide à l’enfance regrette toutefois que les modifications proposées ne s’inscrivent pas dans un changement plus profond du dispositif helvétique qui soit en mesure d’éviter les dérives et les trafics.

Au Conseil national, l’initiative de Maria Roth Bernasconi pour une meilleure prise en charge des adoptions internationales et la motion de Katharina Prelicz-Huber pour le droit à l’adoption dès 30 ans révolus impliquent des évolutions législatives d’une autre ampleur. Renseignements: http://www.tdh.ch (apic/com/js)

22 septembre 2009 | 14:12
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 2  min.
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