Congo RDC: La Conférence épiscopale juge sévèrement les élections du 28 novembre 2011
Crédibilité des résultats du scrutin remise en cause
Kinshasa, 13 janvier 2012 (Apic) La Conférence épiscopale nationale de la République Démocratique du Congo (CENCO) a une nouvelle fois vivement critiqué le processus électoral qui a abouti aux élections générales (présidentielle et législatives) du 28 novembre dernier. La CENCO a déclaré jeudi 12 janvier à Kinshasa que les élections ont été entachées «de graves irrégularités» qui remettent en question la crédibilité des résultats du scrutin.
«Le peuple congolais a faim et soif de justice et de paix», ont indiqué les évêques du Congo RDC, dans une déclaration publiée sur le site internet: www.cenco.cd, à l’issue d’une assemblée générale extraordinaire à Kinshasa, du 9 au 11 janvier 2012.
Se fondant sur le rapport final de la mission d’observation électorale de l’Eglise catholique et des témoignages recueillis auprès de divers diocèses et d’autres sources, le cardinal Laurent Monsengwo Pasinya, archevêque de Kinshasa, les archevêques et évêques, membres de la CENCO ont analysé le rapport d’observation électorale menée par l’Eglise. Ils affirment que dans beaucoup d’endroits, le processus électoral s’est déroulé «dans un climat chaotique».
Des cas de «tricheries avérées et vraisemblablement planifiées»
«L’on a noté plusieurs défaillances, des cas de tricheries avérées et vraisemblablement planifiées, de nombreux incidents malheureux entraînant mort d’homme, des cafouillages, et, à certains endroits, un climat de terreur entretenu et exploité à dessein pour bourrer les urnes», souligne la Conférence. «Ce qui se passe présentement au niveau de la compilation des résultats des élections législatives est inacceptable. C’est une honte pour notre pays».
De ce fait, la CENCO a demandé aux organisateurs des élections, d’avoir le courage et l’honnêteté de tirer les conséquences qui s’imposent. «Car, reconnaître ses erreurs est une preuve de grandeur». Si l’on prend le risque de continuer à gouverner le pays par défi, les tensions intérieures plus ou moins maîtrisées à court terme culmineront, tôt ou tard, dans une crise grave et difficile à dénouer. Pour éviter cette situation, la CENCO invite à «une démarche inclusive», en privilégiant la voie du dialogue pour l’intérêt supérieur de la nation congolaise.
Non au désespoir et à la violence
La déclaration en 14 points, exhorte les Congolais à ne céder ni au pessimisme, ni au désespoir, ni à la violence, ni au tribalisme, ni à la xénophobie, mais à s’unir autour des valeurs chrétiennes et démocratiques de justice et de vérité, de croître dans la conscience de son unité nationale et de son pouvoir de souverain primaire afin de l’exercer en toute vigilance et dans la légalité.
La CENCO lance un appel aux hommes politiques du pays, à faire preuve de maturité politique, à avoir la capacité de s’organiser pour assumer pleinement leur responsabilité, à élever le débat politique, en mettant fin à des injures et mensonges, en se souciant de l’éducation civique de la population et de son bien-être.
Le peuple veut le changement
Aux membres de la CENI (Commission électorale nationale indépendante), les évêques congolais recommandent d’avoir le courage de se remettre en question, de corriger impérativement les graves erreurs fustigées qui ont entamé la confiance de la population en cette institution, sinon de démissionner. Ils ont aussi invité le gouvernement, à tirer des leçons de cette «débâcle électorale», de prévoir les moyens pour les élections à venir et de les libérer à temps, pour un meilleur déroulement. Il lui demande aussi, d’arrêter de «puiser» dans le trésor public, pour des intérêts personnels et de prendre conscience que le peuple veut le changement. (apic/ibc/be)



