Rome : «Il n’y a aucune implication personnelle de Jean Paul II» dans l’affaire Maciel
Critiques à la veille de la canonisation du pape polonais
Rome, 22 avril 2014 (Apic) Selon le postulateur de la cause de béatification et de canonisation de Jean Paul II, il n’y a «aucune implication personnelle» du pape polonais dans l’affaire du Père Marcial Maciel, fondateur des Légionnaires du Christ à la double vie sulfureuse. C’est ce que Mgr Slawomir Oder a assuré à la presse le 22 avril 2014, à l’approche de sa canonisation, alors que certains accusent des hauts responsables sous le pontificat de Jean Paul II d’avoir couvert les agissements criminels du Père mexicain mort en 2008 et très bien introduit au Vatican.
Interrogé sur l’attitude de Jean Paul II et de ses proches collaborateurs vis-à-vis du Père Maciel, Mgr Oder a précisé qu’une enquête avait été menée et que les documents relatifs à cette question avaient été étudiés de façon approfondie. Le résultat de cette recherche a donné une «réponse nette» sur le sujet : «Il n’y a aucune implication personnelle du pape», a-t-il assuré.
A l’approche de la double canonisation de Jean Paul II et de Jean XXIII, le 27 avril prochain, certaines accusations concernant les «ombres» du pontificat du pape polonais ont refait surface. D’aucuns estiment qu’il a cherché à protéger la réputation de l’Eglise face à certains scandales qui menaçaient de l’éclabousser. Ainsi, longtemps proche de Jean Paul II, le Père Maciel aurait été protégé au plus haut niveau par ses collaborateurs, alors que des soupçons de corruption et d’abus sexuels commençaient à être connus. Certains estiment aussi que les conditions physiques très difficiles de Jean Paul II au cours des dernières années de son pontificat ont contribué à laisser un vide de pouvoir ayant favorisé la couverture du scandale.
Selon le journaliste italien Gianluigi Nuzzi, auteur du best-seller à l’origine de ›Vatileaks’, le Vatican était au courant de la situation «au moins trois ans» avant que le scandale ne soit révélé.
Débat sur la canonisation
Après la publication récente d’une vision critique du cardinal Carlo Maria Martini, ancien archevêque de Milan, en Italie concernant la canonisation du pape polonais, le Père Federico Lombardi, directeur du Bureau de presse du Saint-Siège, a pour sa part précisé devant les journalistes que ces réserves étaient liées au débat qui existe quant à l’opportunité de canoniser des souverains pontifes.
«J’ai été peiné de lire dans la presse des extraits du témoignage du cardinal Martini interprétés comme une opposition à la sainteté de Jean Paul II», a souligné Mgr Oder, pour qui il s’agit d’une mauvaise clé de lecture.
Dans un ouvrage publié à l’occasion des canonisations et intitulé La sainteté de Jean Paul II, le fondateur de la communauté de Sant’Egidio, Andrea Riccardi, rapportait des extraits de la déposition du cardinal Martini dans le cadre du procès de canonisation du pape polonais. «Je ne voudrais pas souligner plus que cela la nécessité de sa canonisation, car il me semble que le témoignage historique de son dévouement sérieux à l’Eglise et au service des âmes suffit», estimait ainsi celui qui a incarné pendant de nombreuses années l’aile ›progressiste’ de l’Eglise.
En outre, l’ancien archevêque de Milan évoquait des nominations pas toujours «heureuses», ainsi que le choix de certains collaborateurs, «surtout vers la fin». Le cardinal Martini reprochait également au pape polonais un trop grand soutien aux mouvements, au détriment des Eglises locales, et de s’être placé «au centre de l’attention», notamment lors de ses voyages apostoliques. Malgré un bilan largement positif, le haut prélat italien se demandait également si Jean Paul II n’aurait pas dû démissionner, du fait de sa santé. (apic/imedia/mm/mp)



