Le 3e et le plus long dans ce pays catholique

Croatie: Le pape entame aujourd’hui son 100e voyage à l’étranger

Rome, 5 juin 2003 (Apic) Le pape Jean Paul II entame jeudi son 100e voyage à l’étranger. Destination la Croatie, un pays qu’il visite pour la 3ème fois, et dans lequel il est attendu peu avant 17 heures.

Au cours de ses cinq jours de voyage – le plus long qu’il n’ait jamais effectué en Croatie -, Jean Paul II ne perdra pas de temps. Du 5 au 9 juin, il visitera cinq villes différentes : Rijeka, Zadar, Dubrovnik, Osijek et Djakovo. A l’issue de ce nouveau séjour en Croatie, il aura ainsi visité tous les diocèses du pays, en 25 ans de pontificat.

Jean Paul II s’envole de Rome à 15h30 pour atteindre Rijeka, à l’Ouest du pays, sur la côte Adriatique, non loin de la frontière Slovène. A Rijeka, là où il passera les quatre nuits de son séjour, le pape sera accueilli à 16h45 par le président Stipe Mesic ainsi que par les autorités politiques et religieuses de ce pays à majorité catholique. Après son discours sur le tarmac de l’aéroport, Jean-Paul II sera transféré en catamaran jusqu’au grand port de Rijeka avant d’accueillir le président pour une visite privée au sein du séminaire diocésain.

Dubrovnik, l’ancienne Raguse

Le lendemain matin, le souverain pontife partira à 8h45 pour son premier transfert en avion, en direction de Dubrovnik, l’ancienne Raguse. Cette ville splendide fondée au 7e siècle et riche d’un grand patrimoine culturel est située à l’extrême sud du pays, sur la côte dalmate. Sur la grande place du port, il y béatifiera à 11h00, soeur Marija de Jésus Crucifié Petkovic, fondatrice de la Congrégation des filles de la miséricorde. A l’occasion de son passage dans cette petite ville médiévale redevenue très touristique après la guerre, Jean-Paul II devrait insister sur l’importance de conserver l’identité chrétienne du pays malgré les fortes pressions du consumérisme. Après une après-midi de repos à Dubrovnik, le pape regagnera Rijeka en début de soirée.

Le samedi 7 juin, nouveau transfert d’une heure en avion, cette fois en direction d’Osijek et Djakovo, à l’Est du pays. Le pape célébrera une messe à Osijek à 10h45 sur le terrain de l’aéroport. Après une nouvelle après- midi de repos, il se rendra à la cathédrale de Djakovo pour une visite privée et, à 18h10, il reprendra l’avion en direction de Rijeka.

Rencontres avec les évêques et le premier ministre de Croatie

Le dimanche, Jean Paul II restera sur place et célébrera une messe au bord du delta de Rijeka. Il accueillera ensuite, lors d’un repas, les évêques de la Croatie. Une rencontre avec le premier ministre Ivan Racan est prévue à 17h30, avant une visite privée au sanctuaire de Notre Dame de Trsat. Ce sanctuaire est le plus ancien sanctuaire marial de Croatie et aurait, selon la tradition, accueilli la maison de Joseph et Marie, ramenée de Palestine en 1291, avant que cette dernière ne soit transférée au sanctuaire italien de Notre-Dame-de-Lorette. Ce sanctuaire de Trsat a joué un rôle essentiel dans la construction de la culture croate.

Le lundi 9 juin, dernier jour du voyage, le pape fera une ultime escale à Zadar, une ville située entre Rijeka et Dubrovnik, sur la côte Adriatique. Après une brève célébration de la parole prévue à 11h10, le souverain pontife prononcera encore quelques mots à l’aéroport de Zadar avant de prendre l’avion pour Rome où il devrait arriver vers 14h15.

Polémique sur les coûts du voyage

Une polémique a déjà surgi quand au coût de la visite pontificale, dans un pays où l’économie a du mal à se relever. Au total, les cinq villes qui accueilleront Jean Paul II ont reçu environ trois millions d’euros de l’État, soit beaucoup moins qu’elles ne l’espéraient. En 1998, la visite du souverain pontife de deux jours avait coûté près de 30 millions d’euros, d’après la presse croate qui relate les faits.

La décision du gouvernement de réduire les aides arrive après que les autorités locales aient aménagés à grands frais les lieux qui accueilleront le pape. Ainsi, à Osijek, par exemple, un autel d’acier et de béton spécialement conçu pour l’occasion a coûté à lui seul environ 760 000 euros. D’autres grands aménagements du genre ont été faits dans les autres villes.

En 1994, lors du premier séjour, Jean Paul II était allé soutenir un peuple fortement catholicisé et en guerre. Le Vatican a d’ailleurs été le premier état à reconnaître officiellement et unilatéralement la Croatie, le 13 janvier 1992. En 1998, le pape s’en était allé saluer l’évolution démocratique et un pays à la foi catholique et en plein renouveau, qui frappe à la porte de l’Union européenne.

Près de 1,2 million de kilomètres

Outre la béatification d’une religieuse croate, Marie Petkovic, le soutien politique de Jean Paul II à l’entrée de la Croatie dans l’Union européenne est fortement attendu. Mais le pape devrait surtout insister sur l’urgence de la reconstruction sociale et religieuse d’un pays ruiné par plusieurs totalitarismes.

D’après les chiffres officiels, l’Eglise catholique de Croatie compte 3,77 millions de fidèles, sur 4,66 millions d’habitants – soit 80,9% de la population. Mais le pays déplore depuis quelques années un manque de vocations et une baisse sensible de la pratique religieuse. De nombreux prêtres arrivent toutefois encore de Bosnie-Herzégovine, où vit une bonne partie des catholiques croates – 17% de la population bosniaque. Ces derniers sont en effet aujourd’hui encore disséminés à travers tous les Balkans, en raison de l’histoire mouvementée de la région et d’importantes émigrations forcées.

A ce jour, Jean Paul II a effectué 99 voyages internationaux, visitant ainsi 129 pays différents en 571 jours 13 heurs et 15 minutes, soit 6,35% de son pontificat. Au total, il aura en outre parcouru 1’157’721 kilomètres, soit près de 29 fois le tour du monde, ou trois fois la distance entre la terre et la lune.

Après la Croatie, un bref voyage d’une journée est prévu le 22 juin en Bosnie. C’est le seul, pour le moment, à avoir été confirmé officiellement. Une autre visite, en Mongolie cette fois-ci, pourrait avoir lieu à la fin du mois d’août, mais le virus du SARS pourrait empêcher le pape de s’y rendre. (apic/imedia/ag/pr)

5 juin 2003 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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