Evêques accusés de s’aligner sur les groupuscules radicaux
Croatie: Relations tendues entre le gouvernement et l’Eglise catholique
Zagreb, 14 novembre 2001 (APIC) Les relations entre le gouvernement croate du Premier ministre Ivica Racan et l’Eglise catholique locale se sont brusquement tendues après la prise de position des évêques critiquant la grave situation sociale dans le pays et l’impuissance du gouvernement à y faire face.
Dans une lettre pastorale lue dans les Eglises le week-end dernier, les évêques déploraient le fort taux de chômage, la faiblesse des salaires et les coupes dans les programmes sociaux. La population a réagi de façon mitigée et le gouvernement a vivement protesté.
La dégradation de la situation sociale conduit à une méfiance croissante de la population vis-à-vis de l’Etat et du gouvernement, qui était arrivé au pouvoir en l’an 2000 «avec des promesses irréalistes». Des promesses qui ne peuvent pas être tenues aujourd’hui, lancent les évêques croates. Les groupes sociaux les plus touchés par la crise sont les retraités, les jeunes mères et les vétérans de la guerre.
De plus en plus de jeunes Croates quittent le pays, ce qui représente un problème démographique qui «augure d’une catastrophe.» L’épiscopat croate reproche aux autorités leur manque de dialogue, comme l’a souligné l’archevêque de Zagreb, Josip Bozanic, à l’occasion de la présentation du message des évêques.
Malgré les critiques, le gouvernement respectera ses engagements envers l’Eglise
Selon l’agence de presse catholique croate IKA, le gouvernement a vivement réagi, reprochant aux évêques de s’aligner sur les positions de certains partis politiques de l’opposition et des groupuscules radicaux. Les autorités ont qualifié la lettre pastorale de «superficielle» et manquant d’objectivité.
Malgré ce regain de tension qui rend plus difficile le dialogue entre l’Eglise et le gouvernement de Zagreb, les autorités politiques ont assuré qu’elles respecteraient les engagements contenus dans les quatre accords signés avec le Vatican. Il s’agit notamment de subventions étatiques pour les activités sociales de l’Eglise pour un montant de près de 30 millions de francs suisses. (apic/ika/be)



