Trois « Notre Père » pour un café, et cinq pour un Coca Cola

Croatie : Un café d’une paroisse catholique invite à prier pour payer les consommations

Zagreb, 28 février 2008 (Apic) Une paroisse catholique de Zagreb, en Croatie, a ouvert le premier « café de prières » au monde pour les jeunes, où la nourriture et les boissons peuvent être réglées en récitant des prières fréquemment invoquées par les catholiques romains, comme le « Notre Père » et le « Je vous salue Marie », plutôt qu’en sortant de l’argent. Le Coca Cola coûte en moyenne trois prières de plus que le café.

« Au début, c’était un peu une plaisanterie – beaucoup de jeunes avaient l’habitude d’aller dans les cafés du coin après la messe et nous voulions les persuader de rester plutôt à l’église », a expliqué le Père Damir Stojic, salésien, aumônier des jeunes, cité par l’Agence oecuménique ENI.

« Lorsque nous offrions tout gratuitement, les jeunes venaient me voir et me demandaient : ’Mon Père, comment allons-nous payer ?’ Je répondais : ’Ne vous inquiétez pas, dites simplement une prière’. Finalement, un des étudiants qui nous aident est venu et a imprimé un menu ».

Le café Jedno (voile) a ouvert récemment dans une salle paroissiale prés de l’église du Saint-Esprit, dans la rue Jarun, à Zagreb. Il attire un grand nombre d’étudiants et de jeunes qui assistent à leur messe du dimanche. Le Père Stojic a commenté son action à ENI, relevant que l’église avait évité les dépenses en encourageant les parents à faire don de nourriture et de boissons pour le café.

Les prix au Jedno vont de trois « Notre Père » pour un café classique jusqu’à cinq « Je vous salue Marie » et un « Gloire au Père » pour un Coca-Cola, plus cher, tandis qu’un cappuccino coûte un prix moyen de quatre « Notre Père ». Parmi les autres articles payables par prières, on peut citer des boissons fruitées, des thés, du chocolat chaud et toute une gamme de gâteaux. L’alcool étant prohibé.

« Le fondateur de notre ordre, saint Jean Bosco, a affirmé qu’il faut aimer ce que les jeunes aiment. Puisque la plupart de nos enfants vont encore à l’église et que nous sommes dans une culture du café, c’est normal de le faire », a déclaré le prêtre de 34 ans, qui a étudié à la Catholic University of America, à Washington, après avoir été ordonné en 2002.

« Les paroissiens plus âgés et les autres résidents commencent à s’y intéresser aussi », a affirmé l’étudiant à l’agence de presse catholique croate IKA. « Quand on obtient quelque chose gratuitement, il est possible qu’on l’apprécie moins. C’est pourquoi nous avons imaginé cette liste de prix originale ».

« Bien sur, certains étudiants préfèrent encore les autres cafés. Payants, ceux-là. Mais ceux qui viennent ici profitent d’un espace confortable où ils peuvent se sentir chez eux sans se soucier de la note », relève le prêtre. « Mais ne vous méprenez pas. Les tarifs de prière sont purement symboliques – personne n’est forcé de les respecter ».

Environ 88 % des 4,4 millions d’habitants de la Croatie, qui négocie son adhésion à l’Union européenne et à l’OTAN, sont catholiques. (apic/eni/pr)

28 février 2008 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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