Les évêques cubains dressent le bilan de la visite du pape

Cuba : l’Église se sent reconnue

Rome, 12 juin 1998 (APIC) Après la visite de Jean-Paul II à Cuba en janvier dernier, les évêques de l’île, venus à Rome pour tirer le bilan de ce qu’ils qualifient ” d’événement extraordinaire «, ont fait état d’un ” nouveau climat «à Cuba, marqué surtout par ” une reconnaissance en acte du rôle social de l’Église «. Ils s’interdisent cependant tout commentaire de type politique sur les évolutions à venir de la société cubaine.

Le cardinal Jaime Lucas Ortega y Alamino, archevêque de la Havane et président de la conférence épiscopale, Mgr Pedro Claro Meurice Estiu et Mgr Emilio Aranguren Echeverria, respectivement vice-président et secrétaire général de cette conférence, ont présenté vendredi au Vatican les conclusions d’une semaine de réunion de bilan sur le voyage du pape à Cuba.

” Le climat dans lequel nous vivons est différent «, a constaté d’emblée Mgr Meurice Estiu. ” Le chemin de l’Église à Cuba, a enchaîné le cardinal Ortega, est passé d’une étape de confrontation dans les années 60 à une phase de reconnaissance de l’Église dans les années 70, d’acceptation de sa présence dans les années 80, à une acceptation progressive de son rôle social pendant les années 90. Nous espérons pour l’avenir une reconnaissance accrue de son rôle social et de plus en plus de possibilités d’action «.

Dans un communiqué, les évêques considèrent que ” l’événement extraordinaire ” que représente ce voyage doit rester ” un événement ouvert «. ” On ne peut pas, écrivent-ils, conclure ce voyage comme un des épisodes de l’histoire ecclésiale cubaine, qui aurait eu son importance et qui serait terminé «.

Dans la foulée de ce voyage, il y a donc pour l’Église la reconnaissance de son rôle social, que les évêques voudraient voir se développer mais aussi, précise le cardinal Ortega, ” l’accès aux moyens de communication ” et ” l’assistance de missionnaires venus de l’étranger «. Quant à d’éventuelles négociations avec le gouvernement, en particulier dans le secteur éducatif, que l’Église souhaite développer, les évêques estiment qu’elles pourront se réaliser à un niveau local et que le Vatican n’aura pas à intervenir.

Interrogé sur la destination réelle des aides humanitaires, le cardinal Ortega observe que le gouvernement jouent son rôle et ” qu’aucun empêchement de la part de l’Etat n’a été observé ” pour distribuer les aides reçues.

Pressé de questions sur les évolutions politiques possibles, le cardinal Ortega n’a laissé aucune prise: ” Nous ne sommes pas des analystes politiques qui feraient des projections politiques. La visite de Jean-Paul II était pastorale. Ils nous a invités à retrouver nos racines et à nous réconcilier «, a-t-il insisté. A Cuba, a ajouté Mgr Meurice, ” l’Église ne cesse de parler de réconciliation, pour démontrer que l’on peut aujourd’hui surmonter des difficultés qui paraissaient insurmontables hier. ” (apic/cip/mp)

3 mai 2001 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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