Cordiale bienvenue au pape la semaine prochaine
Cuba: Les protestants aussi se réjouissent la visite de Jean Paul II
La Havane, 15 janvier 1998 (APIC) La visite du pape Jean-Paul II à Cuba est attendue avec sympathie également par les Eglises protestantes et évangéliques de Cuba, minorité importante face à l’Eglise catholique majoritaire dans le pays. «A mes yeux, la venue du pape à Cuba sera l’occasion d’améliorer les relations entre nos Eglises et d’unir toutes nos forces», a déclaré à l’agence œcuménique ENI Norca Iglesias Zuñiga, doyenne du séminaire évangélique de théologie de Matanzas, à 100 kilomètres à l’Est de La Havane.
Ce séminaire est géré par les Eglises méthodiste, épiscopale et presbytérienne. Parmi les 55 étudiants, on compte également des baptistes, des pentecôtistes et des luthériens. «Nous espérons que la visite du pape à Cuba aidera à régler les problèmes du pays, en particulier à favoriser le dialogue entre l’Etat et les Eglises, non seulement avec l’Eglise catholique, mais avec toutes les Eglises», commente de son côté le pasteur Hector Mendez, qui dirige la première Eglise presbytérienne de La Havane, fondée en 1906.
C’est «une bienvenue cordiale» qu’adresse aussi au pape Pablo Odén Marichal Rodriguez, président du Conseil des Eglises chrétiennes de Cuba, qui rassemble une cinquantaine d’Eglises protestantes de l’île. Ce Conseil a été fondé en 1941, c’est-à-dire sept ans avant la création du Conseil œcuménique des Eglises, à Genève.
Visite dans un bastion du socialisme
«La visite du pape est naturellement religieuse et pastorale, mais elle a aussi des implications politiques parce qu’il vient dans un pays qui représente un bastion mondial d’un projet socialiste, d’un projet également développé aux portes des Etats-Unis d’Amérique, qui ont imposé à notre pays, il y a 37 ans, un terrible embargo», relève pour sa part le pasteur Raul Suarez Ramos, directeur du Centre Martin Luther King, un institut de La Havane qui suit une ligne voisine de la théologie de la libération.
Le 11 janvier, le pasteur Suarez a été réélu député à l’Assemblée nationale du pouvoir populaire (parlement cubain). Le pasteur a jugé «juste» de se présenter aux élections pour apporter sa contribution et une évaluation positive de la réalité cubaine. Il a été élu pour la première fois député en 1993.
Des croyants longtemps marginalisés
Après l’arrivée au pouvoir, en 1959, de Fidel Castro, et l’avènement de la révolution socialiste, très vite des problèmes ont surgi pour les croyants cubains. «Nous n’avons pas été persécutés, personne n’a été tué pour ses idées religieuses à Cuba; pourtant nous avons été marginalisés», se rappelle René Castellanos Morentes, professeur de grec et d’hébreu au séminaire de Matanzas. Mais, ajoute-t-il, en 1991, les statuts du Parti communiste ont été changés. Depuis les chrétiens peuvent aussi s’inscrire au parti et faire carrière politique. «En général, il y a une plus grande liberté, même si les problèmes ne manquent pas».
Il y a aujourd’hui 250’000 protestants à Cuba, appartenant à quelque 70 Eglises, explique René Morentes. Dans les années 90, toutes les Eglises de Cuba, principalement les Eglises pentecôtistes et celles qui suivent les rites afro-cubains, ont enregistré une forte croissance. (apic/eni/pr)



