Appel pour décrisper une tension politique menaçante
Dakar: L’Eglise au centre d’un contentieux post-électoral
Antananarivo/Dakar, 9 janvier 2002 (APIC) L’Eglise de Madagascar se retrouve malgré elle au c?ur d’un contentieux électoral. Le candidat de l’opposition et maire de la capitale, Marc Ravalomana, a fait appel à elle pour le départager avec son adversaire, le président sortant Didier Ratsiraka. Ce dernier a du reste réagi en demandant à l’Eglise de rester neutre.
Mardi, les rues d’Antananarivo ont encore été le théâtre de manifestations de protestation. Les partisans de Marc Ravalomana, qui a obtenu 46 pour cent des voix, contre 40% à son adversaire, sont convaincus que s’il n’y avait pas eu de fraudes, Ravalomana, actuel maire d’Antananarivo, aurait remporté la présidentielle au premier tour. Ce dernier, a lancé un appel à l’Eglise pour une médiation. Il a demandé au Conseil des Eglises Chrétiennes de Madagascar (FFKM) d’intervenir pour que le gouvernement et son candidat acceptent sa proposition de confronter les résultats des 16’510 bureaux de vote à ceux dont disposent les candidats eux-mêmes.
Le FKKM est membre du Consortium des observateurs de l’élection. Cet appel a été rejeté mercredi par le camp du président Ratsiraka. Selon son porte- parole, «l’église doit avoir une position neutre et avoir toujours un esprit de réserve dans tout ce qu’elle dit».
L’Eglise malgache est officiellement «neutre» dans l’élection présidentielle. Mais dans les faits, elle est partenaire du maire de la capitale. Un différend l’oppose au président Ratsiraka, depuis sa première arrivée au pouvoir en 1975. L’Eglise l’accuse d’avoir détruit l’économie du pays qui était prospère avant son coup d’état.
La détérioration des relations ente les deux parties s’est aggravée après la découverte, en 1991, dans le palais du président Ratsiraka, d’un autel voué à une divinité locale. Le palais avait été pillé lors de troubles pour l’instauration de la démocratie. Dans un pays où 75% de la population est de confession chrétienne, cette découverte a choqué plus d’un.
Selon une enquête publiée en 1998 le pays compte en effet 46% de protestants contre 39% de catholiques. Mais depuis une dizaine d’années, des églises «indépendantes ” ou sectes religieuses se sont développées à travers le territoire national. En moyenne, on peut dénombrer plus de cent endroits de prière différents dans un seul arrondissement de la ville d’Antanarivo. (apic/apmc/ic/at)



