Juger les auteurs de crimes de guerre
Dakar: Ouverture de la conférence africaine sur la création d’une Cour pénale internationale
Dakar, 5 février 1998 (APIC) Plus de vingt pays africains et des spécialistes d’autres continents réunis en Sommet pour deux jours à Dakar, au Sénégal, ont entamé jeudi à une réflexion autour d’un projet de création d’une Cour pénale internationale permanente. Celle-ci serait chargée de juger les auteurs des crimes de guerre et de crimes contre l’humanité contre les populations civiles dont les femmes, les enfants et les personnes âgées.
L’Afrique est concernée au premier rang par l’instauration d’un tribunal pénal international sur les crimes de guerre à cause des nombreux foyers de tension. Selon les spécialistes des questions militaires et diplomatiques, depuis le début du siècle, le monde a connu plus de 250 conflits avec quelque 130 millions de victimes. La «part» de l’Afrique n’a pas été précisée.
La conférence de Dakar qui durera deux jours, fera le point sur les négociations du comité préparatoire de l’ONU pour l’établissement de la Cour pénale internationale, en mettant notamment en lumière les points de controverse qui sont toujours en suspend. De source proche de la conférence, on a indiqué que certains pays du Conseil de sécurité de l’ONU sont opposés, voire réticents à ce projet de cour. Ils «craignent de perdre leur rôle de gardien de la paix et de la sécurité internationales», a déclaré le député européen Gionanni Bell Ata, ajoutant qu’il y a aussi «la crainte de certains états membres qui pensent que demain ils pourraient être sur le banc des accusés».
Malgré ces positions, l’ONU organisera le 15 juin prochain à Rome, une conférence internationale sur le projet. Pour l’organisation internationale, trop d’atrocités commises è travers le monde sont demeurées impunies…
Un vieux projet…
Le projet pour l’établissement d’une Cour pénale internationale remonte à la convention sur le génocide de 1949. Il a été bloqué par la guerre froide et ressorti à la suite des génocides au Rwanda et en ex-Yougoslavie. L’établissement de tribunaux ad hoc pour ces deux pays a, d’une part, démontrer l’urgence de l»instauration de la Cour et, d’autre part, répondu de façon ponctuelle à une demande toujours plus pressante de la communauté internationale de juger les coupables de génocide, de crimes contre l’humanité et des graves crimes de guerre.
La conférence africaine de Dakar qui regroupe les ministres chargés de la justice de plus de 20 pays du continent, ainsi que le commissaire européens aux droits de l’homme et de nombreux experts internationaux de justice, a été précédée par un forum des organisations non gouvernementales africaines luttant pour la défense des droits de l’homme. Au terme de cette rencontre, les participants se sont engagés à peser de tout leur poids pour une prise en compte des spécificités africaines dans l’élaboration future du statut de la Cour pénale internationale sur les crimes de guerre. (apic/ibc/pr)




