Les prélats planchent maintenant sur le projet de charte

Dallas: Le pardon aux victimes des évêques des Etats-Unis

Dallas, 14 juin 2002 (APIC) Quelque 300 évêques et cardinaux, réunis à Dallas (Texas) pour répondre au scandale des prêtres pédophiles qui ébranle l’église catholique des Etats-Unis, ont débuté jeudi les travaux de la Conférence épiscopale par une demande de pardon aux victimes.

«L’église catholique aux Etats-Unis traverse une crise très grave, peut- être la plus grave que nous ayons jamais connue», a affirmé d’entrée le président de la Conférence, l’évêque de Belleville (Illinois), Wilton Gregory.

S’adressant ensuite aux victimes, il a fait part de sa «contrition la plus sincère». «En mon nom et au nom de tous les évêques, j’exprime à chacun d’entre vous qui a souffert d’abus sexuels par un prêtre ou un autre membre de l’église, nos plus profondes excuses», a-t-il dit.

«Je suis profondément et je serai à jamais désolé pour les torts que vous avez endurés. Nous demandons votre pardon», a-t-il ajouté, en offrant une «confession» collective. «Les manquements du passé ne doivent pas être répétés», a averti l’évêque Gregory, en soulignant la responsabilité historique du clergé des Etats-Unis face «aux décennies de terribles souffrances et de douleur pour les victimes survivantes et leurs familles». «Nous sommes appelés à mettre en place des politiques qui assureront la pleine protection de nos enfants et des jeunes, et mettront fin aux abus sexuels dans l’église», a-t-il dit.

La Conférence épiscopale, qui tient pour trois jours à Dallas sa session de printemps, en présence de 288 prélats, dont huit cardinaux, devrait adopter vendredi une charte de conduite pour répondre aux cas d’abus sexuels commis par des membres du clergé catholique.

Un projet de charte, qui doit être discuté et amendé durant les travaux, prévoit l’exclusion immédiate des prêtres qui seront accusés de pédophilie à l’avenir et le signalement aux autorités en cas d’accusations d’abus sexuels. Mais ce texte comporte une clause controversée qui laisse la possibilité à un prêtre ayant commis un abus sexuel mais n’ayant fauté qu’une fois de rester dans la prêtrise s’il reçoit un traitement approprié ou s’il n’a pas été diagnostiqué comme pédophile.

Pression

Sous la pression des groupes de victimes et des organisations de réformistes catholiques, de nombreux évêques veulent aller plus loin et instaurer une politique de «tolérance zéro». Autrement dit, appliquer la règle dite «one strike and you are out» (une faute entraîne l’exclusion). «Nous devons être cohérents avec nous-mêmes», a reconnu le co-adjuteur de Dallas, l’évêque Joseph Galante. «Si les évêques disent que les prêtres qui abuseront des enfants à l’avenir doivent être exclus, pourquoi n’en irait- il pas de même pour les prêtres qui ont abusé des enfants par le passé?», a- t-il fait remarquer.

A l’invitation de la hiérarchie catholique, quatre victimes de prêtres pédophiles ont pris la parole devant l’assistance des évêques en robe noire et raconté leur calvaire dans un poignant moment de catharsis collective. Souvent au bord des larmes, ils ont exhorté les responsables religieux à agir pour que les crimes du passé ne se répètent plus. Des associations de victimes réclament la démission des prélats qui ont fermé les yeux sur les cas de prêtres pédophiles. (apic/ag/pr)

14 juin 2002 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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