Une aide de 655’000 euros a été demandée à l’UE
Danemark: Une université projette de se pencher sur la complexité de la religion en Europe
Copenhague, 8 janvier (Apic) Islam, voile, loi française sur les signes religieux à l’école. Une université danoise projette de se pencher ces questions. Elle envisage d’entreprendre une étude sur la complexité de la religion en Europe. Une aide de plus de 650’000 euros de l’Union européenne pourrait lui être octroyée.
Les initiateurs du projet arguent que l’étude de la religion devient de plus en plus complexe car les pays de l’Union européenne ne sont plus ni monoculturels ni monoreligieux. Aux cotés de religions établies depuis longtemps comme le christianisme et le judaïsme, l’islam, relèvent-ils, prend une place plus importante dans la vie des Européens.
Dire que les débats sur la religion se multiplient dans les pays de l’Union européenne (UE) relève de l’euphémisme. Le Centre des études multireligieuses de l’Université d’Aarhus, au Danemark, vient donc de demander à l’UE une aide de 655’000 euros en vue de mettre en place un réseau de 22 instituts de recherche européens, dans les anciens et les nouveaux pays membres de l’Union.
L’aide demandée permettrait selon les responsables de cette université de se pencher sur «les dynamiques complexes liées aux domaines de connexion entre la religion, les valeurs, et la culture». Un des objectifs de ce Centre situé dans la deuxième ville du Danemark est d’étudier «comment les religions et leurs traditions se développent au cours des années et comment elles s’adaptent à la modernité».
Nouveau dans le genre
«En Europe, pendant de nombreuses années, nous avons été habitués à séparer la religion de la politique», a commenté Viggo Mortensen, professeur de théologie systématique et directeur du Centre au quotidien danois «Kristeligt Dagblad». «Or, dit-il, aujourd’hui, nous notons une évolution au sein de la société, et une tendance à établir un rapport avec la religion. Cela n’a pas seulement à voir avec le fait que 3 à 7% de musulmans vivent en Europe, mais avec le réexamen par la majorité des valeurs par rapport à la religion, par suite des changements dans la société dont l’immigration fait partie».
Or, font remarquer les spécialistes de l’Université d’Aarhus, aucune recherche multinationale n’a été entreprise à ce jour pour analyser l’immigration et ses conséquences sur les changements de comportement par rapport à la religion.
«Si l’on fait la comparaison avec une étude menée par une seule institution dans un seul pays, grâce à ce réseau de 22 instituts de recherche, les résultats pourraient être diffusés plus largement», a estimé Viggo Mortensen. (apic/eni/pr)



