Cameroun: Les évêques indignés par le soutien financier européen à des organisations homosexuelles
Dans le cadre du séminaire annuel de la Conférence épiscopale nationale
Yaoundé, 18 janvier 2011 (Apic) La Conférence épiscopale nationale du Cameroun (CENC) a exprimé son indignation au sujet de l’appui financier de l’Union européenne (UE) à des organisations homosexuelles du pays. Ils rappellent la doctrine traditionnelle de l’Eglise catholique: «Dieu est amour, il veut que l’homme vive de cet amour».
Début janvier, la presse camerounaise a rapporté que l’UE a octroyé une enveloppe financière de 300’000 euros (386’775 francs) à deux Organisations non gouvernementales (ONG) du pays: le Collectif des familles d’enfants homosexuels (COFENHO) et l’Association camerounaise de défense des droits des homosexuels (ADEFHO). Ce financement entre dans le cadre d’un Projet d’assistance et d’encadrement aux minorités sexuelles (PAEMH), visant à faire baisser de moitié le taux d’interpellations pour «faits homosexuels» au Cameroun. Selon les statiques officielles, chaque année, quelque 200 personnes sont interpellées dans le pays pour homosexualité.
Un «viol» de la loi camerounaise
Le financement permettra aux deux ONG, d’apporter une assistance judiciaire aux personnes gardées à vue ou incarcérées ainsi qu’un «appui» matériel et médical à celles qui sont abandonnées et malades.
Le gouvernement camerounais, à travers son ministre des Relations extérieures, Henri Eyebé Ayissi, s’était déjà élevé, le 13 janvier dernier, contre cette décision de l’UE. Sur instruction du président Paul Biya, il avait convoqué le représentant résident de l’UE au Cameroun, Raul Mateus Paula, pour lui signifier la condamnation du gouvernement, et l’appeler à annuler cette offre qui, a-t-il dit, «viole la loi camerounaise». En plus, a ajouté le chef de la diplomatie camerounaise, cette offre de financement peut être considérée comme une promotion des rapports sexuels entre personnes de même sexe, punie par la loi au Cameroun.
Par solidarité aux organisations bénéficiaires, dix organisations ONG camerounaises se sont dites «préoccupées» par l’opposition du gouvernement au financement de l’UE. La CENC, dans une déclaration publiée par le quotidien camerounais, «Cameroon-Tribune», à l’issue de sa 34e session annuelle au Centre Jean-Paul II de Garoua (nord), du 10 au 15 janvier, a rappelé pour sa part que l’amour ne peut s’exprimer que dans le couple de l’homme et de la femme unis dans le mariage. A ce sujet, ils ont exhorté les fidèles chrétiens et tous les hommes de bonne volonté, à rester fidèles à cet engagement qui «élève l’être humain».
Dans un communiqué final, lu par son secrétaire général Mgr Joseph Akonga Essomba, la CENC a rappelé que «les évêques, ayant appris l’octroi d’un important don en argent par l’Union européenne à des associations d’homosexuels au Cameroun, disent leur désapprobation et leur indignation».
Auto-prise en charge de l’Eglise
D’autre par, la CENC s’est prononcée sur l’autonomie de gestion de l’Eglise, qui était au centre des assises. A cet égard, ses membres ont adressé une lettre pastorale à tous les catholiques du Cameroun, qu’ils ont invités à verser une contribution financière pendant le Carême pour soutenir les activités de l’Eglise et permettre son auto-prise en charge.
Dans la déclaration finale, le président de la CENC, Mgr Joseph Atanga, s’est montré «optimiste» quant à la poursuite des réformes en matière de gestion de l’Eglise. «Se prendre en charge ne veut pas dire vivre en autarcie», a-t-il précisé, en réponse aux journalistes qui lui demandaient si cette auto-prise en charge voulait dire que l’Eglise vivra désormais cloîtrée?
«Il est question de prendre conscience que la pauvreté de l’Eglise n’est pas synonyme de misère. C’est pour cela que les évêques du Cameroun, grâce à une bonne catéchèse, font appel au peuple de Dieu qui leur est confié», a ajouté le président de la CENC, estimant que «ce peuple saura faire vivre son Eglise».
En 2012, à Mbalmayo
La rencontre de Garoua a aussi permis d’apprendre que les travaux de finitions du complexe épiscopal du Cameroun démarreront plus tard. La première partie de ce complexe a été inaugurée en 2004. Réalisé grâce à la solidarité des Eglises du Nord (d’Allemagne et d’Italie, notamment) et de la volonté des Eglises locales, il est composé d’un bâtiment de trois étages comprenant un centre multimédia, différents services administratifs de la CENC, une trentaine d’autres bureaux et un sous-sol et une terrasse.
Après Garoua, l’épiscopat camerounais organisera son séminaire annuel, en janvier 2012 à Mbalmayo, située à 50 km au sud de Yaoundé, la capitale. D’ici à cette date, elle accueillera, en septembre 2011, à Yaoundé, le Congrès mondial de la pastorale des prisons. (apic/ibc/nd)



