Mgr Bullet: Les premières démarches sont relativement anciennes... Mais

Dans le courant de l’an prochain…

ma lettre au Saint-Père date de six mois environ. Dans ma lettre, j’offrir

ma démission, sans préciser de date spéciale, laissant ainsi au pape le

soin de choisir le moment pour lui permettre d’annoncer simultanément

ou presque qu’elle est acceptée et le nom de mon successeur.

APIC: Vous n’avez donc pas encore reçu de réponse à votre lettre?

Mgr Bullet: Non. Aucune réponse écrite et officielle ne m’est parvenue à

ce jour. Mais je sais que les choses ont suivi et suivent leur cours et que

ma démission deviendra effective au moment où on aura trouvé un nouvel évêque auxiliaire.

APIC: pourquoi cette démission avant l’heure…

Mgr Bullet: J’ai toujours dit qu’à soixante-dix ans j’offrirais ma démission… Ma santé ayant toujours été quelque peu fragile, je constate que

je n’ai plus le dynamisme voulu pour assumer les initiaves qu’il convient

de prendre, pour les suivre également. J’ai estimé que pour le bien de

l’Eglise, il était mieux d’offrir ma démission maintenant. En outre, avec

Mgr Mamie, nous avions souvent parlé de cette possibilité. Lui et moi pensions qu’il n’était pas bon de quitter nos charges en même temps, et surtout qu’il n’était pas opportun que notre départ se fasse la même année, vu

que nous avons à peu près le même âge.

APIC:

Mgr Bullet: C’est vrai qu’il fallait avoir le souci de ne pas perturber

le diocèse avec deux démissions, pour raison d’âge, à savoir celles de Mgr

Mamie et de moi-même. Mgr Mamie a fait une petite enquête auprès des prêtres et des laïcs…. Il a constitué la liste de trois prêtres qu’il doit

soumettre à Rome chaque trois ans. Liste dans laquelle il a tenu compte des

souhaits des prêtres et des laïcs. Il n’y a pas de raison pour que Rome

n’en tienne pas compte, étant donné qu’en principe, on ne peut pas imposer

à un évêque un auxiliaire avec lequel il ne pourrait pas travailler. La nomination d’un évêque auxiliaire est un peu différente que celle de la nomination d’un évêque diocésain.

APIC: POints forts… bilan

Mgr Bullet: Si on m’a demandé d’être évêque auxiliaire, c’est, je pense,

parce que j’avais dans ma formation, mes préoccupations et soucis des éléments complémentaires au charisme, aux dons et qualités de Mgr Mamie. Et je

constate que cette complémentarité à fort bien joué durant ces 23 ans. Si

on m’a sollicité, c’est aussi parce que J’étais professeur de pastorale…

et très engagé au plan de la pastorale. J’ai connu toutes les interrogations qui se posaient après le Concile. On percevait déjà cette grande mutation de notre société. Mon souci? Ma préoccupation durant mon ministère?

Que l’Eglise puisse, dans cette mutation, ce bouleversement des mentalités

chez nous, annoncer l’Evangile. Dans mon homélie prononcée lors de mon ordination épiscopale, j’insistais sur cette annonce de l’Evangile aujourd’hui. Avec un langage adapté au monde actuel.

Une autre de mes préoccupations, qui me semblait essentielle pour un

évêque, a été d’être un artisan de l’unité et de la communion fraternelle.

La préoccupation d’assurer la communion fraternelle entre les prêtres dans

leurs communautés et le souci d’unité ont toujours été très importants à

mes yeux.

APIC:

Mgr Bullet: Comme dans tout bilan, on y trouve du positit comme du négatif… A propos de l’Evangélisation, si j’ai pû donner certaines impulsions, je constate que cela n’a pas été toujours facile et qu’on ne transforme pas les mentalités en peu de temps. Cette Evangélisation, dans un

monde en mutation, c’est vrai, est un travail de long haleine. Concernant

l’unité, j’estime avoir essayé de la vivre, d’abord avec l’évêque diocésain… Je crois à ce propos que dans l’ensemble nous avons vraiment réalisé une bonne collaboration. Et je dois reconnaître que Mgr Mamie n’a jamais

pris de grande décision sans la partager avec moi, sans demander mon avis.

Unité au niveau des prêtres ensuite… c’est une des choses qui, dans le

bilan, pourrait apparâitre comme étant quelque peu négative. Je n’ai peutêtre pas réussi, autant que je le souhaitais, à rencontrer les prêtres afin

de mieux favoriser cette communion fraternelle.

Au niveau pastoral, pour terminer cette forme de bilan, j’ai été passablement engagé… et notamment lors du Synode en 1972/75. Il y a eu ensuite

tout l’effort que nous avons fait, avec Mgr Memie, pour réaliser un peu la

coresponsabilité dans le diocèse à travers les Conseils de pastorale. En ma

qualité de professeur de pastorale et de catéchèse, ma préoccupation a également porté sur la formation des laïcs. C’est vrai, je me suis passablement engagé de ce côté-là. J’ai toujours suivi les mouvements d’Action catholique, la Communauté romande de l’apostolat des laïcs. Au niveau de la

catéchèse, mon souci a également été la formation… le catéchisme. C’est

ainsi qu’est né l’actuel Institut de formation au ministère, l’Ecole des

catéchistes autrefois. Oui, j’ai investi pas mal de force et de temps dans

ces domaines-là. Mais les fruits ont porté. C’est ainsi que je me réjouis

de voir tous ces laïcs qui s’engagent et qui demandent une formation. Je

trouve magnifique de rencontre les jeunes dans le cadre des confirmations

ainsi que ces laïcs les encadrant. je le dis et le constate: quelque chose

s’est passé.

APIC:

Mgr Bullet: Au chapitre des peines, je dirais le départ de certains

prêtres ayant quitté le ministère. Ces départs ont

toujours été pour moi

difficiles et douloureux. Surtout que je les avais connus comme étudiants

au

séminaire. Reste les joies… Ma plus grande? De constater que j’ai réussi

à créer un climat de communion fraternelle et de dialogue… C’est là

une réponse à ce souci permanent que j’ai de l’écoute et du

dialogue, à cette préoccupation d’assurer cette

communion fraternelle.

APIC:

Mgr Bullet: Vu mon âge, je ne reprendrai pas une responsabilité. Je me

mettrai néanmoins à la disposition des prêtres et des évêques qui voudront

faire appel à moi pour un service, pour une confirmation ou autre. J’espère

bien avoir un peu de temps pour lire…. et aussi certaines études que

j’aurais aimé faire sans jamais y parvenir. Ministère et occupations obligent. C’est assez dire que mes loiirs ont toujours été très restreints. Pas

point tout de même de me priver de ce qui est pour moi source de détente:

la musique classique et de la marche, que j’affectionne en forêt, en amoureux de la nature que je suis.

Vice-président de la CES: Jusqu’à fin 1991.

Dicastère: Au sein de la CES: Responsable de la Commission femmes dans

l’Eglise, de la commission Mariage et famille et délégué de la CES auprès

du Comité national de l’apostolat des laïcs. En second…. la catéchèse et

j’ai eu aussi longtemps la liturgie. Maintenant plus, depuis la vice-présidence…..

11 novembre 1993 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Partagez!