Nouveaux affrontements dans le Nord-Darfour
Darfour: La difficile installation d’une force internationale de paix sur le terrain
Khartoum, 4 septembre 2006 (Apic) Au moins une vingtaine de civils auraient été tués et un millier contraints à la fuite, suite à des combats en cours depuis lundi dans la zone située au nord d’El Fasher, chef-lieu de l’État du Darfour Nord, l’un des trois États du Darfour, selon un fonctionnaire de l’Union africaine à Khartoum.
Ces violences, que rapporte Sam Ibok, un fonctionnaire de l’Union africaine à Khartoum, cité par des agences de presse internationales, ne sont toutefois pas confirmées par les missions des Nations unies et de l’Union africaine (UA) au Soudan.
En ce qui concerne la résolution approuvée par le Conseil de sécurité des Nations Unies sur la création d’une force internationale pour le Darfour, la presse soudanaise parle largement des réactions. Selon le quotidien Al-Sahafa – et également selon le quotidien arabe publié à Londres Asharq al-Awsat – Khartoum serait en train d’évaluer la possibilité d’expulser la mission d’observation au Darfour de l’Union africaine si les soldats de l’UA passent sous l’égide de l’Onu après la fin de leur mandat fin septembre. Ces tensions, écrit le journal Al-Khartoum, seront abordées lors de la réunion du Conseil de paix et de sécurité de l’Ua fixé la semaine prochaine à Addis Abeba.
Une autre initiative diplomatique, selon le quotidien Al-Adwa, pourrait aboutir la semaine prochaine à la visite à Khartoum du secrétaire général de l’Onu, Kofi Annan. Le même journal rapporte que les gouverneurs des trois États du Darfour ont décrété l’état d’alerte maximale après l’adoption de la résolution 1706. Selon un sondage publié dans la presse, 83% des interviewés sont contraires à l’intervention d’une force internationale au Darfour.
Le 1er septembre 2006, le conseil de sécurité a en effet adopté la résolution 1706 pour prendre la relève de l’Union africaine. Le gouvernement soudanais rejette la proposition (même si en pratique son application ne nécessite pas l’accord du gouvernement). A la faveur de cette résolution, le contingent des Casques Bleus au Darfour sera rehaussé pour atteindre un effectif global de quelque 17’300 hommes.
Le conflit au Darfour a amené la destruction de villages (attaque et vol du bétail, champs incendiés) qui ont forcé la population à partir. 200’000 réfugiés sont au Tchad sans compter plus de trois millions de personnes déplacées depuis 2004.
Conflit racial et arrière-fond économique
Meurtres et viols, y compris de fillettes, ont été rapportés par les témoins dans les camps de réfugiés, en 2003. Les premières victimes de la crise sont les enfants. En juillet 2004, le Congrès américain vote à l’unanimité une résolution pour donner un nom aux exactions des djandjaouids au Soudan : génocide. Se référant à une enquête faite pendant l’été 2004 dans dix-neuf camps de réfugiés soudanais au Tchad, le secrétaire d’État américain Colin Powell avait qualifié les événements du Darfour de génocide, en septembre 2004.
Il dénonçait les violences des milices arabes sur les populations du Darfour. Pour certains, toutefois, comme le chercheur français Marc Lavergne, spécialiste du Soudan au CNRS, le conflit du Darfour n’est pas racial mais le problème majeur de ce pays vient des gouvernements médiocres qui se sont succédé depuis l’indépendance. Ils ont en effet ignoré les provinces périphériques de la capitale, dont le Darfour. Les dirigeants instrumentaliseraient aujourd’hui des miliciens, à des fins économiques. (apic/misna/wikipedia/vb)




