La survie de la population du Darfour en cause

Darfour: Les humanitaires craignent de ne plus pouvoir intervenir

New York, 18 Janvier 2007 (Apic) Dans une déclaration conjointe, les agences humanitaires des Nations Unies ont tiré la sonnette d’alarme, dénonçant «la violence inacceptable» à l’encontre des travailleurs humanitaires au Darfour. La population ne pourra plus être secourue.

«Si l’insécurité perdure, la communauté humanitaire ne pourra pas assurer à l’infini la survie de la population du Darfour» : telle est l’alarme lancée par 14 agences humanitaires de l’Onu (Fonds pour l’Enfance, Programme pour le développement, Haut commissariat pour les réfugiés, Programme alimentaire mondial) dans un communiqué conjoint. «Malgré l’insécurité croissante et le danger pour les communautés et les opérateurs humanitaires, l’Onu et ses partenaires sont parvenus à rester mobilisés pour la survie et la protection de millions de personnes. Mais cette ligne ne pourra pas être maintenue longtemps», avertissent les opérateurs.

Ces deux dernières années, «les taux de mortalité ont diminué, passant sous le niveau d’urgence, la malnutrition globale a été réduite de moitié par rapport au pic de la crise de 2004. Près de trois quarts de la population a désormais accès à une eau potable dont la qualité est garantie» et l’an dernier, 400’000 tonnes de nourriture ont été distribuées, mais «les attaques militaires répétées, les lignes de frontière en évolution constante et la fragmentation des groupes armés ont compromis la situation du dernier semestre 2006, à tel point que les possibilités d’accès à la population en détresse a empiré.

Dizaines d’ONG et d’agences de l’ONU attaquées

Ces six derniers mois, plus de 250’000 personnes ont été contraintes d’abandonner leurs maisons, 30 sièges d’ ONG et de sièges de l’Onu ont été directement attaqués, plus de 400 travailleurs humanitaires ont été contraints de déménager à 31 reprises dans les trois Etats du Darfour et enfin 12 d’entre eux ont été tués, ce qui fait bien plus que ces deux dernières années. Leur mort a eu «des conséquences directes sur les opérations humanitaires», comme la suspension temporaire des aides sanitaires des camps de déplacés internes.

«Des garanties solides pour la sécurité des civils et des opérateurs humanitaires sont nécessaires». Tel est le souhait formulé par les agences humanitaires de l’Onu, en demandant que les responsables des violations soient poursuivis. «Sinon – conclut le communiqué – les agences de l’Onu et les ONG ne seront plus en mesure de maintenir la ligne fragile qui a permis jusqu’ici de porter secours et protection à environ 4 millions de personnes affectées par le tragique conflit du Darfour», en cours depuis près de 4 ans. (apic/onu/misna)

18 janvier 2007 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Partagez!