Bad Schönbrunn: Assemblée de la Commission de Planification pastorale
Davantage de responsabilités aux bénévoles pour maintenir une Eglise vivante
Bad Schönbrunn, 23 mai 2012 (Apic) Maintenir une vie ecclésiale dans les petites paroisses et dans les régions rurales ou de montagne. Un tel défi ne va pas de soi en cette période de regroupement en unités pastorales et de manque d’agents pastoraux. Mais cela ne pourrait-il pas constituer une opportunité pour créer quelque chose de nouveau et pour confier davantage de responsabilités aux bénévoles? La question a été débattue lors de l’assemblée de Commission de planification pastorale des évêques suisses.
C’est à la Maison Lassalle à Bad Schönbrunn, dans le canton de Zoug, que se sont retrouvés à la mi-mai les membres de la Commission de planification pastorale (CPP) en assemblée plénière. Dans un communiqué diffusé à la suite de la rencontre, la commission se dit favorable à ce que «les paroisses locales ne soient pas étouffées par la centralisation, mais qu’elles soient soutenues, subsidiairement, au sein de structures pastorales plus importantes». Elle s’est penchée en particulier sur les modèles développés dans les pays voisins de la Suisse et a invité à cet effet la responsable pour la pastorale paroissiale du diocèse de Linz en Autriche, Monika Heilmann, qui a présenté le modèle développé en Haute-Autriche.
A Linz, les bénévoles sont «poussés» pour qu’ils puissent assumer la responsabilité commune de la vie de la paroisse pour une période donnée, a expliqué Monika Heilmann. Le modèle de Linz montre des parallèles avec celui de Poitiers, en France. Là également, ce sont des équipes de bénévoles qui portent la vie paroissiale. Mais si le modèle de Poitiers a émergé dans une région déjà totalement dépourvue de vie ecclésiale, la réalité ecclésiale en Haute-Autriche peut encore compter sur des paroisses vivantes.
La transmission de la responsabilité de la vie de l’Eglise locale à une seule personne n’est pas idéale, estime la CPP. «Il vaut mieux mettre en place des équipes de bénévoles. La vocation commune de tous les baptisés en sera vivifiée et valorisée.»
L’Eucharistie, signe essentiel de l’Eglise
La place de l’Eucharistie dans le contexte du renouvellement des structures de la pastorale de proximité constitue une question complexe. «Il n’y a pas de vie ecclésiale sans Eucharistie, mais la pénurie de prêtres ne doit pas conduire à maintenir pour seule vie ecclésiale ce que permet le nombre de prêtres», affirme la commission. La discussion au sein de la CPP a ouvert de nouvelles perspectives. «D’une part, il est apparu clairement que différentes formes de réalité eucharistique de l’Eglise se sont succédé au cours de son histoire. Ce qui nous semble actuellement la norme – la réception de la communion lors d’une célébration dominicale dans sa paroisse – se base sur ce qui se pratique en Europe centrale depuis un peu plus d’un siècle seulement. Mais que la compréhension de l’Eucharistie se focalise exclusivement sur sa place dans la célébration dominicale en paroisse mène justement à ce que d’autres dimensions de l’Eucharistie dans la vie de l’Eglise soient oubliées, des dimensions qui ne s’arrêtent pas à la seule immédiateté de l’expérience de la célébration liturgique de l’Eucharistie», affirme la CPP. La présence d’une génération de baptisés de plus en plus distante de l’Eglise et «liturgiquement analphabète» pose la question de la compréhension profonde de l’Eucharistie de manière plus radicale encore. La CPP cite à ce sujet les expériences de «pastorale d’engendrement» en Suisse romande, qui se fonde dans la confiance que Dieu est présent en tout être humain.
Une pastorale interculturelle: tâche transversale
La promotion d’une pastorale interculturelle a été un autre thème prioritaire de l’assemblée. L’Eglise catholique en Suisse est, pour une grande part, Eglise de migrants. «Dans un tel contexte, il s’agira de plus en plus de mettre sur pied des structures pastorales qui expriment la même attention, d’une part à la communauté ecclésiale et, d’autre part au maintien de la diversité. Nous avons discuté l’interculturalité sous l’angle consistant, en Eglise, à créer plus de libertés face aux barrières existantes, pour les personnes les plus diverses, de façon à tenir compte de la grande individualité qui s’exprime dans le domaine de la création de sa propre identité culturelle», indique la CPP.
Une culture de l’accueil en Eglise des personnes issues de la migration représente, pour la CPP, «non seulement un défi pour aujourd’hui, mais encore une attitude fondamentale de l’Eglise catholique en Suisse, qui sera probablement marquée de l’empreinte de la migration pendant des décennies encore. Culture de l’accueil, carrefour où se rencontrent les développements à l’échelle mondiale et l’horizon de la planification pastorale ici, en Suisse!»
La Commission de planification pastorale est un fruit du Concile Vatican II. Elle conseille la Conférence des évêques suisses depuis 1966 sur des questions centrales de pastorale. La CPP permet un échange d’expériences pastorales entre régions linguistiques. Elle suit par ailleurs l’évolution du contexte sociétal dans lequel vit l’Eglise et cherche des perspectives de solutions. La direction de la CPP est assumée depuis 1998 par l’Institut de sociologie pastorale (SPI) à St-Gall. Odo Camponovo, du Conseil pastoral du diocèse de Bâle, préside la commission, dont le secrétaire exécutif est Arnd Bünker, directeur du SPI.
www.pastoralplanungskommission.ch
(apic/com/bb)




