De «hauts fonctionnaires de l’Eglise» auraient demandé sa tête

Suisse: Demande de démission du vicaire général Martin Grichting, no comment à Coire

Coire, 28 février 2011 (Apic) L’évêché de Coire n’a fait aucun commentaire lundi 28 février à propos de la demande de démission du vicaire général Martin Grichting émise, selon le journal «SonntagsBlick» du 27 février, par «de hauts fonctionnaires de l’Eglise». Ils auraient demandé sa tête, la semaine dernière, à l’évêque de Coire, Mgr Vitus Huonder, suite à sa proposition d’abolir l’impôt ecclésiastique pour le remplacer par un «impôt de mandat».

L’abbé Martin Grichting avait estimé dans le «Sonntagsblick» du 20 février 2011 que l’instauration d’un «impôt de mandat» sur le modèle italien résoudrait le problème des sorties d’Eglise. Ces propos avaient suscité de vives réactions notamment de la part de responsables des corporations ecclésiastiques catholiques.

Dans l’Eglise, «il ne peut y avoir qu’une seule direction et qu’un seul chef»

Le vicaire général du diocèse de Coire – dont la position est connue depuis fort longtemps – estime que le système dual suisse, à savoir l’existence en parallèle d’institutions canoniques (paroisses, diocèses) et de corporations de droit ecclésiastique (corporations ecclésiastiques paroissiales, Eglises cantonales) est une atteinte à la liberté de religion et à l’esprit de l’Eglise. «Il ne peut y avoir qu’une seule direction et qu’un seul chef», estime-t-il.

Le journal du dimanche n’a pu atteindre le vicaire général Martin Grichting pour un commentaire. Il semblerait, selon le «SonntagsBlick», qu’il ne réponde plus pour le moment et qu’il a accepté de faire silence. Sur Radio Vatican également, le vicaire général s’était exprimé de façon critique sur les structures de droit ecclésiastique existant en Suisse et demandé l’abolition de l’impôt ecclésiastique. Mgr Huonder a cependant estimé, dans un communiqué officiel diffusé samedi 26 février, que le lieu idoine où s’exprimer sur le thème du droit ecclésiastique pour le vicaire général Grichting est la Commission d’experts Eglise-Etat de la Conférence des évêques suisses (CES).

Il y a des «fonctionnaires qui profitent du système actuel»

Martin Grichting, rapporte le «Sonntagsblick», estime qu’on veut «l’éliminer comme personne» au lieu de mener avec lui une discussion importante. Une discussion pour laquelle «les fonctionnaires qui profitent du système actuel» sont pour le moins peu enthousiastes.

La semaine dernière, les propos de ce prêtre, un proche de Mgr Huonder, ont suscité la réprobation de personnalités politiques et de représentants d’organes de droit ecclésiastique. Au plan ecclésial, Josef Annen, vicaire général pour les cantons de Zurich et de Glaris, avait pris ses distances avec l’opinion de Martin Grichting. Daniel Kosch, secrétaire général de la Conférence centrale catholique romaine de Suisse (RKZ/CCCRS), a relevé que la proposition d’abolir l’impôt ecclésiastique «représente une attaque contre les structures de droit public ecclésiastique».

Avec «l’impôt de mandat», soulignait-il, «les évêques disposent librement des recettes. L’évêque peut décider seul de l’orientation de la pastorale, ce qui n’est pas sans conséquence pour le travail des théologiennes et théologiens laïcs et pour la position de la femme dans l’Eglise». Un tel système limiterait également l’impact des croyants sur la gestion de la communauté locale, les contribuables n’ayant plus d’influence sur l’utilisation de leur argent. Et ce n’est pas l’introduction d’un tel «impôt de mandat» qui empêcherait les sorties d’Eglise, sans oublier qu’un tel changement affecterait également les autres confessions, notamment l’Eglise évangélique-réformée du canton de Zurich. (apic/bal/gs/be)

28 février 2011 | 15:58
par webmaster@kath.ch
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