Lucerne: Caritas Suisse a développé à Bali un projet de recyclage des huiles usagées

De l’huile de friture au diesel bio

Lucerne, 4 juillet 2013 (Apic) Cancérigènes, les huiles usagées représentent un danger pour la santé. Forte de ce constat, Caritas Suisse a développé un projet de recyclage des huiles des restaurants et hôtels à Bali, en Indonésie, rapporte le 4 juillet 2013 l’organisation caritative dans un communiqué. Depuis février 2013, une entreprise locale récupère ces huiles usagées pour en faire du diesel.

A Bali, destination touristique très prisée, les cuisines d’hôtels et de restaurants doivent quotidiennement se débarrasser de grandes quantités d’huiles de cuisine. Mais jusqu’ici, aucune structure d’élimination n’était prévue pour ces huiles usagées. Celles-ci finissaient régulièrement dans les eaux des fleuves et dans l’océan ou étaient récupérées par des commerçants qui les revendaient à de plus petits établissements. Bali ne dispose en effet d’aucune base juridique permettant de réglementer le problème.

Les huiles de cuisine représentent un danger sanitaire, car elles produisent des émanations qui peuvent être cancérigènes, souligne Caritas Suisse. Les premiers touchés par ces problèmes sont les consommateurs provenant des couches défavorisées de la population locale.

Des huiles recyclées en carburant

Caritas a développé une solution durable pour résoudre ce problème. En février 2013, l’entreprise sociale Lengis Hijau a été créée spécialement pour le recyclage des huiles végétales usagées. Les huiles usagées des hôtels et restaurants balinais sont récupérées par des camionnettes, amenées et traitées dans l’entreprise située dans la ville de Denpasar. Avec ces huiles, Lengis Hijau fabrique du diesel bio d’un degré de pureté de 99%.

Le diesel bio ainsi récupéré est vendu et la recette sert à couvrir les coûts d’exploitation de l’entreprise. Ce diesel bio est acheté par des hôtels qui produisent ainsi leur eau chaude ou le courant électrique de manière respectueuse du climat.

Grâce à ce procédé, ces hôtels peuvent réduire leur empreinte de CO2 et montrent qu’ils prennent au sérieux leurs responsabilités sociales et écologiques tout en restant compétitifs, écrit Caritas Suisse. La réduction de CO2 qui en résulte est vendue sous forme de certificats d’émissions à l’organisateur de voyages Kuoni qui peut ainsi améliorer son bilan de CO2. Les recettes de ces ventes permettent de rembourser les investissements initiaux.

Une pratique locale tenace

Durant le second semestre 2013, Caritas va transmettre entièrement la responsabilité du recyclage des huiles à Lengis Hijau. Il faudra toutefois encore compter du temps avant que l’entreprise sociale soit économiquement solide et stable. Pour le moment, elle ne peut traiter que 50% de la quantité d’huile nécessaire à une exploitation économique viable. La raison? Même si beaucoup d’hôtels et restaurants se déclarent officiellement intéressés par cette coopération, les structures informelles de reprise des huiles par la chaîne alimentaire des populations pauvres continuent de fonctionner, déplore Caritas.

Caritas et Lengis Hijau se sont donc engagés avec les autorités locales pour renforcer la conscience des populations locales et des collaboratrices et collaborateurs des hôtels et restaurants des dangers pour la santé que représentent les huiles usagées. (apic/com/cw)

4 juillet 2013 | 10:33
par webmaster@kath.ch
Partagez!