Pologne: Le débat sur l’ordination des femmes reste ouvert, selon un responsable luthérien
De nouvelles perspectives en 2012?
Varsovie, 2 novembre 2010 (Apic) Un porte-parole de l’Eglise luthérienne a déclaré que, malgré la décision prise par son principal organe directeur de ne pas ordonner les femmes, le débat n’est pas clos. «Ce n’est pas une décision définitive. Quand le nouveau synode sera élu, en 2012, on peut s’attendre à ce que de nouvelles voix s’élèvent en faveur de l’ordination des femmes», a dit Wojciech Pracki, pasteur de l’Eglise évangélique de la Confession d’Augsbourg en Pologne, qui compte 80’000 membres inscrits, pour la plupart dans le sud du pays.
«Cette perspective fait naître beaucoup d’attentes et d’espoirs dans notre Eglise. L’ordination des femmes est vue d’un bon œil. Il faut maintenant s’asseoir et déterminer comment une telle évolution serait possible», a précisé le pasteur Pracki, le 29 octobre, à l’agence Eni.
Le pasteur, basé à Varsovie, s’exprimait suite au vote du Synode de l’Eglise – réuni du 15 au 17 octobre à Bielsko-Biala, dans le sud du pays – refusant l’accès des femmes au ministère. Une proposition rejetée par 33 voix contre, 20 pour et 7 abstentions. Ce dernier estime qu’aucun argument théologique n’a été avancé contre l’ordination des femmes. Pour lui, les véritables raisons sont plutôt de nature organisationnelle, à l’instar d’une grossesse. «Cela ne signifie pas que la grossesse et la maternité soient un obstacle, mais cela signifie en revanche que des aspects d’ordre organisationnel sont à prendre en compte.»
Aucun obstacle théologique
Les femmes peuvent devenir pasteures dans la plupart des Eglises membres de la Fédération luthérienne mondiale (FLM), qui représente plus de 70 millions de chrétiens protestants. Cela n’est toutefois pas le cas dans certaines Eglises d’Europe de l’Est, notamment en Pologne, Lituanie, Lettonie et Russie.
Dans un discours prononcé en juillet lors de l’Assemblée de la FLM, son organe directeur suprême, le secrétaire général Ishmael Noko, qui vient de prendre sa retraite, avait instamment prié les Eglises de «prendre les mesures en vue de l’ordination des femmes et de l’égalité entre les sexes, là où c’était nécessaire».
En octobre 2008, la commission théologique et confessionnelle du Synode avait indiqué n’avoir déterminé aucun obstacle théologique à l’ordination des femmes. Le président du Synode luthérien de Pologne, Waldemar Pytel, a déclaré que la décision du Synode avait été influencée par la prédominance de l’Eglise catholique romaine en Pologne et qu’elle touche à l’avenir des relations œcuméniques.
L’Eglise luthérienne polonaise, plus grande dénomination protestante du pays, compte au moins 15 femmes diacres. Le dernier vote contre l’ordination des femmes par le Synode de l’Eglise remonte à 1990. (apic/eni/jl/nd)




