De retour du Forum Social Mondial de Porto Alegre, l’économiste brésilien Reinaldo Gonçalves a relevé, à l’instar de l’ex-président Clinton, que l’instabilité des marchés financiers représente le défi le plus important auquel doit faire face l’économie mondiale.
De retour du Forum Social Mondial de Porto Alegre: abolir le FMI et la Banque Mondiale
Pour les pays du Sud, les conséquences de l’ouverture commerciale et de la libéralisation financière sont redoutables, car elles les ont exposés à une vulnérabilité extrême face aux chocs extérieurs, à l’instabilité du système financier international. «3 à 4 semaines avant les grandes crises financières qui affectent nos pays, on assiste à une fuite des capitaux locaux vers les paradis fiscaux «off shore». Cette libéralisation financière imposée aux pays en voie de développement par la politique du Fonds Monétaire International (FMI) et l’existence des paradis fiscaux ont eu pour conséquence un afflux d’argent sale de la drogue, la corruption des institutions, et une montée extrême de la violence, corollaire de l’élargissement du fossé entre riches et pauvres.»
Interdiction des paradis fiscaux «off shore»
Relayant les demandes de Porto Alegre, l’économiste brésilien plaide pour l’interdiction des paradis fiscaux «off shore» et pour l’abolition du FMI en tant que dernier recours des gouvernements «irresponsables» face aux réserves de devises. Un pays comme le Brésil – le 10ème PIB du monde! – consacre chaque mois près de 2 milliards de dollars pour le service de la dette, alors que le gouvernement ne consacre qu’un milliard par an pour la réforme agraire, un grave problème social qui touche des millions de familles. A ses yeux, «l’argent du dernier recours» du FMI stimule la fuite des capitaux, les attitudes irresponsables de nombreux gouvernements, et sert de puissant instrument de politique étrangère aux mains des Etats-Unis.
Reinaldo Gonçalves propose concrètement l’abolition du FMI et de la Banque Mondiale, dont l’argent devrait être mis dans un fonds de développement international. Ce fonds financerait des projets sur la base de critères positifs, contrairement à la régression sociale suscitée par les politiques d’ajustements structurels du FMI. Ce fonds – «c’est quelque peu utopique, mais possible», a-t-il reconnu – serait géré non par les gouvernements, mais par des délégués élus par la «société civile mondiale». «Ce sont là des idées venues de Porto Alegre, des pays du Sud, qui concordent avec votre campagne ’Civiliser l’argent’», a relevé le professeur Gonçalves, engagé dans l’Institut pour des politiques alternatives dans le Cône sud de l’Amérique latine (PACS) à Rio de Janeiro. (apic/be)



