?Debut : «Securite : on signale une bande d’excites avec des preservatifs

sur le parcours du pape, interceptez les !». Talkie walkie en mains, un

homme de la securite veille, depuis une tribune, sur la paix de la messe

qui commence a Sainte Anne d’Auray le 20 septembre. Interroge, le Colonel

de Gendarmerie Lepeu nie toute manifestation. «Nous n’avons rien vu. Il

faut se mefier des intoxications.» De son cote, le porte parole du pape,

Joachim Navarro Valls, constate : «Les manifestations ? Nous n’en avons vu

aucune. Et nous sommes au deuxieme jours. La presse francaise parle de

manifestations pour dimanche, mais tout cela semble en fait se degonfler

comme une baudruche».

?En attendant, la papamobile roule lentement dans les travees de cette

eglise de plein air, ou chantent a l’unisson cent vingt mille bretons, en

costumes folkloriques pour certains et bannieres traditionnelles au vent.

Le temps est radieux. La foule et le pape aussi. «Nous devons remercier

Dieu pour le Soleil» lance le pape. Rires. Mais le tonnerre

d’applaudissement eclate lors de l’homelie quand Jean-Paul II parle en

Breton. Il reprend les paroles Sainte Anne a Yves Nicolazic, le voyant

d’Auray : «N’ho pet ket eun …», «ne craignez pas. Je suis Anne, mere de

Marie. Dieu veut que je sois honoree en ce lieu.»

?Depuis, les bretons sont «restes fideles» comme ils le chantaient a tue

tete apres la messe, «A la foi de nos vieux peres, nous enfants de

Bretagne, nous serons toujous fideles.» Juste avant ce chant un groupe

folkorique, avait interprete une «danse bretonne dediee au Saint-Pere».

Rene le Honzec, cheveux long, collier celte autour du coup, explique. Il

est membre du «Comite pour la visite du Pape ’en Bretagné» : «Nous

defendons la culture specifique bretonne et nous apprecions le pape qui

defend les cultures minoritaires. Ici, les comites pour souhaiter la

malvenue au pape, n’ont eu aucun succes. «

?En attendant, Jean-Paul II, lui, se taille un franc succes. Et retrouve un

accent tonique qúon entendait plus. «Je dois vous dire que j’ai trouve ici

beaucoup d’esperance» confie-t-il a l’issue de la messe en s’adressant aux

«nombreux jeunes presents». Et, precise-t-il, «c’est une bonne esperance

pour Paris, l’an prochain.»

?Devant les bretons, le pape constate : «Cette foi qui est votre heritage

commun, est affrontee a de nombreux defis. Certes, les causes d’inquietude

sont multiples. Ainsi on voit se developper un climat d’indifference et

d’individualisme ; certains ne savent pas accepter l’autre dans sa

difference ; certains desesperent devant le mal du monde.»

?Comment en sortir ? Jean-Paul II appelle a un renouveau fonde sur

l’heritage du passe : «Comme vos peres dans la foi, soyez des batisseurs de

l’Eglise dans les generations nouvelles !» Pour cela, «l’Eglise doit etre

joyeuse et rayonnante». Et tous sont impliques : «Les chretiens sont tous

responsables de cette mission». Avec un appel particulier : «En communion

avec les pasteurs, je vous encourage a donner un elan vigoureux a

l’apostolat des laics et a poursuivre la recherche de nouvelles formes de

presences de l’Eglise dans la societe.»

?C’est urgent, doit penser Mgr Gaillot, qui sur les ondes de France Inter,

a quoi peut bien servir la visite de Jean-Paul II en particulier a Reims :

«Je pense que cela va plutot favoriser l’extreme droite et les

traditionnalistes», dit-il en confirmant qúil n’attend rien de Rome, ni des

eveques de France» un systeme «autoritaire» qui est appele a «s’ecrouler».

Mais cette polemique semble loin a Saint Anne d’Auray. Le comite pour la

visite du pape en Bretagne, ne considere-t-il pas le probleme de Clovis

comme une question «typiquement francaise, centraliste et parisienne».

?De meme, la polemique qui agite non pas la Bretagne, mais la Grande

Bretagne, avec la demission de l’eveque ecossais Roderick Wright que le

porte parole du Vatican, J. Navarro Valls, se refuse a commenter, sinon par

ce mots ” Le celibat des pretres n’est pas une doctrine personnelle du

pape. C’est une doctrine de l’Eglise depuis le premier siecle.»

?L’apres-midi bretonne de Jean-Paul II doit se terminer par une rencontre

avec les familles, ou il doit prononcer un long discours et entendre le

temoignage de plusieurs d’entre elles. Il doit reaffirmer la confiance de

l’Eglise dans les familles et rappeler l’enseignement de l’Eglise en ce

domaine, en particulier pour les divorces remaries.

Fin

(Attention : compte tenu de la longueur du texte aux familles et des

temoignages, je passerai cet article dans la soiree, une fois cette

rencontre passee. Il n’y aura donc pas de papier journee, celui etant

plutot reportage : il y avait en effet beaucoup de couleurs, et peu de

choses dans l’homelie.)

20 septembre 1996 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Partagez!