Décès de François-Régis Hutin, patron historique de 'Ouest-France'

Les médias français dressent un large hommage à François-Régis Hutin, patron du groupe Ouest-France de 1984 à 2016, décédé le 10 décembre à 88 ans à Rennes. Grand journaliste humaniste, homme engagé, catholique convaincu, les qualificatifs abondent pour saluer sa mémoire.

Pendant 32 ans, de 1984 jusqu’en octobre 2016, François Régis Hutin a piloté le développement de Ouest-France (1300 salariés). Il a permis au journal de devenir le premier quotidien francophone avec une diffusion de 690’000 exemplaires et une audience internet de 65 millions de visites par mois. Il restait président du comité éditorial et signait encore à la Une de Ouest-France samedi matin, un éditorial: «Paix pour Jérusalem».

Ses éditos étaient l’une des marques de fabrique du quotidien, rappelle La Croix. Sous son impulsion, Ouest-France s’est engagé dans de grands combats en faveur de l’abolition de la peine de mort, de la préservation de l’enseignement libre ou encore de l’amélioration des conditions de détention dans les prisons. «Homme ouvert sur le monde», «proeuropéen» et «d’une grande curiosité humaine», François-Régis Hutin était «à la fois patron du journal et grand reporter», se souvient Antoine de Tarlé, ancien président d’Ouest-France.

Breton, né en 1929 à Rennes, François-Régis Hutin est le fils de Paul Hutin refondateur du journal Ouest-France en 1944 au sortir de la deuxième guerre mondiale. Séminariste à la Mission de France à Lisieux, il envisage de devenir missionnaire. Mais après des études de sociologie, il entre finalement à Ouest-France comme journaliste en 1961.

La richesse du dialogue

Son ascension y est rapide. En 1965, il en devient le directeur général, puis PDG en 1984. Pendant trente-deux ans, il s’impliquera dans le développement du groupe, n’hésitant pas à racheter des titres régionaux ou à s’allier avec des titres gratuits pour tuer la concurrence, rencontrant chaque journaliste nouvellement recruté, ayant un regard sur chacune des éditions locales.  En 1990, il met son journal sous le contrôle d’une structure à but non lucratif, l’Association pour le soutien des principes de la démocratie humaniste, pour le mettre hors de portée d’éventuels prédateurs, relève Le Figaro.

François Régis Hutin aura également pris l’initiative de susciter des solidarités en fondant «Ouest-France Solidarités” pour venir en aide aux personnes fragilisées par les catastrophes et les guerres.

Dans un éditorial posthume paru à la Une de Ouest France du 12 décembre François-Régis Hutin livre son testament professionnel et personnel. «Je sais que c’était une tâche peut-être présomptueuse que d’essayer de lire les signes des temps. Ce n’était pas un docte enseignement mais une sorte de recherche menée avec vous qui souvent me faisiez connaître vos opinions parfois contraires aux miennes. C’est là que réside la richesse du dialogue indispensable dans toute société et absolument nécessaire à la démocratie qui nous est chère et si précieuse qu’il faut en prendre soin.» (cath.ch/mp)

 

François-Régis Hutin, patron historique de Ouest-France est décédé le 10 décembre 2017 | wikimedia commons Frank Perry CC BY-SA 4.0
13 décembre 2017 | 11:48
par Maurice Page
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