Jean-Samuel Grand,  des éditions "Ouverture" au Mont-sur-Lausanne  | © Maurice Page
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Jean-Samuel Grand, des éditions "Ouverture" au Mont-sur-Lausanne | © Maurice Page

Décès de Jean-Samuel Grand, éditeur protestant passionné et ouvert aux autres

13.06.2018 par Jacques Berset, cath.ch

Jean-Samuel Grand, fondateur des éditions Ouverture au Mont-sur-Lausanne et rédacteur-responsable de la revue Itinéraires, est décédé le dimanche 10 juin 2018 dans sa 71e année.

L’imprimeur et éditeur chrétien, qui vivait à Yverdon-les-Bains, s’est éteint à l’hôpital de soins palliatifs Rive-Neuve, à Blonay (VD). Un culte se tiendra au temple de Lutry, samedi 16 juin prochain.

Un éditeur passionné, œcuménique, ouvert, curieux de tout

“C’était un éditeur passionné, œcuménique, ouvert, curieux de tout”, commente l’abbé Marc Donzé, ancien vicaire épiscopal pour le canton de Vaud et président de la Fondation Maurice Zundel. C’est aux éditions Ouverture  que Marc Donzé, prêtre d’origine neuchâteloise comme Maurice Zundel, a publié l’an dernier  Maurice Zundel – La figure lumineuse d’un mystique.

La Valaisanne de Genève Marie-Luce Dayer, auteure et conteuse, salue la grande figure de Jean-Samuel Grand, avec lequel elle avait fondé il y a 26 ans la revue Itinéraires, au rythme de quatre numéros annuels et avec quelque 2’500 abonnés et 4’000 exemplaires distribués dans les divers canaux d’Eglise, auprès des pasteurs, des paroisses, des mouvements, etc. Les auteurs qui publient dans le revue et fournissent leur contribution à titre gratuit, viennent du monde protestant, catholique, orthodoxe, juif et musulman soufi.

Fils d’un pasteur de l’Eglise libre

“Une revue d’ouverture spirituelle, avec une telle diversité religieuse et philosophique, c’est quelque chose d’inhabituel”, relève Marie-Luce Dayer, qui a publié une douzaine de livres aux Editions “Ouverture”. Elle rappelle que Jean-Samuel Grand dirigeait les rencontres de la rédaction qui se réunissait tous les quinze jours le jeudi. “On commençait toujours nos séances par une méditation, chacun y était invité, selon sa croyance”.

Jean-Samuel Grand était fils d’un pasteur de l’Eglise libre, à Lausanne, qui était également peintre. Il avait le don de l’écriture, précise la Valaisanne. “C’était une personnalité très œcuménique, accueillante et généreuse. Jean-Samuel Grand construisait des ponts avec toutes les religions, c’était un acteur de longue date de l’œcuménisme en Suisse romande”.

Comme le pape François, il rêvait d’une Eglise servante et pauvre

Livrant en 2015 sa réflexion sur le mouvement œcuménique à l’occasion de la Semaine de prière pour l’unité des chrétiens, il déplorait que le principal obstacle à l’œcuménisme fût l’amour de l’argent et le manque de spiritualité.

“Nos Eglises sont trop riches, trop préoccupées de rendements économiques. Le matériel a pris la place de l’échange. Le besoin de pouvoir a pris la place de la spiritualité. Il faut quitter le monde de l’amour de l’argent, du matérialisme qui véhicule des attentes qu’il ne peut pas satisfaire. C’est le problème de l’institution dont on ne peut cependant pas se passer, mais qu’il faut voir comme une ‘maladie incontournable’. Je rêve d’une Eglise servante et pauvre comme le souhaite le pape François”, déclarait-il à cath.ch, en fustigeant la pensée économique libérale dominant le monde, “qui a fini par contaminer les Eglises”.

Rappelons que Jean-Samuel Grand, passionné de typographie, a imprimé Le Guide du typographe, un instrument indispensable pour les correcteurs et les correctrices d’imprimerie, comme des polygraphes et des graphistes.  (cath.ch/be)

 


Jean-Samuel Grand, éditeur de la revue Itinéraires | © Pierre Pistoletti)

Jean-Samuel Grand : Le premier obstacle à l'œcuménisme c'est l'argent!

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