Déclaration commune sur la justification: les luthériens réclament d’autres «consultations»

Déception et décision pas avant l’an prochain

Genève, 16 novembre 1998 (APIC) La Fédération luthérienne mondiale (FLM) – qui représente la majorité des Eglises luthériennes dans le monde – estime que des «consultations» devront encore avoir lieu avec le Vatican avant que l’organisation ne signe une déclaration préparée par les représentants des deux communions. Au terme d’une réunion tenue à Genève les 13 et 14 novembre, la FLM réclame d’autres consultations avant de signer la Déclaration commune sur la justification

La «Déclaration commune sur la justification» vise à mettre fin à un conflit théologique, qui remonte au temps de la Réforme, et à lever les condamnations prononcées alors par les responsables catholiques et luthériens. La doctrine de la justification a été l’un des facteurs essentiels de conflit entre Martin Luther et la papauté Ces divergences avaient entraîné des condamnations doctrinales réciproques. Un accord sur la justification signifierait donc un progrès oecuménique important.

Le Conseil de la FLM – instance dirigeante de l’organisation – a approuvé la Déclaration commune en juin de cette année et annoncé que les condamnations doctrinales prononcées dans les écrits confessionnels luthériens en ce qui concerne la justification ne s’appliquent pas à l’enseignement catholique tel qu’il est présenté dans cette déclaration. Toutefois, une semaine après, la réponse officielle du Vatican avait engendré une certaine confusion et repoussé l’espoir d’une signature commune de la Déclaration avant Noël.

Le cardinal Edward Idris Cassidy, président du Conseil pontifical pour la promotion de l’unité des chrétiens, a déclaré que l’Eglise catholique romaine signerait le document. Mais le texte de la réponse catholique semblait jeter un doute sur la volonté du Vatican à lever les condamnations doctrinales concernant l’enseignement luthérien tel qu’il est présenté dans la déclaration. De nombreux luthériens avaient été déçus par cette réponse du Vatican.

Décision pas avant l’an prochain

Depuis lors, des consultations ont eu lieu entre le Vatican et la FLM laissant penser que la réunion des 13 et 14 novembre du Comité exécutif de la FLM marquerait une avancée significative.

Toutefois, selon une déclaration présentée le 14 novembre lors d’une conférence de presse à Genève par le secrétaire général du la FLM, le pasteur Ishmael Noko, le Comité exécutif a seulement accepté d’engager «d’autres consultations avec l’Eglise catholique romaine», soulignant qu’une «signature commune [de la Déclaration par la FLM et le Vatican] ne pourrait avoir lieu que s’il existe une compréhension commune de ce qui sera signé».

Il est donc peu probable qu’une décision définitive soit prise par la FLM sur la signature commune du document avant le milieu de l’an prochain au plus tôt, lorsque le Comité exécutif se réunira à nouveau, puisque c’est à lui de décider de la voie à suivre.

Ishmael Noko a fait part du «sentiment de déception» suscité par l’impossibilité de se mettre d’accord sur une signature commune du document. «Nous avions espéré qu’il pourrait être déjà signé, mais nous prendrons le temps qu’il faut», a-t-il dit lors de la conférence de presse.

Le président de la FLM, l’évêque Christian Krause, du Brunswick, en Allemagne, a déclaré que le Comité exécutif «n’avait pas fixé de date, et ceci délibérément» pour la fin des consultations avec le Vatican, afin de ne pas être soumis à «la pression du temps». Des discussions ultérieures sont nécessaires. Il est temps aujourd’hui de passer «d’un système de fax à fax à un système de face-à-face», a-t-il dit. (apic/eni/pr)

27 avril 2001 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Partagez!