Rome : Visite de Barack Obama au Vatican

Défense de la vie et résultats du G8 au centre des discussions

Rome, 10 juillet 2009 (Apic) La première visite au Vatican du président des Etats-Unis, Barack Obama, dans l’après-midi du 10 juillet, a particulièrement été l’occasion d’évoquer «la défense et la promotion de la vie» ainsi que les «résultats du sommet du G8» de L’Aquila, auquel venait de participer le leader américain. Le chef de l’Etat américain, a confié le Saint-Siège, se serait engagé à «faire diminuer le nombre d’avortements» dans son pays.

Au cours des échanges du président Obama avec ses hôtes, a indiqué ensuite un communiqué du Bureau de presse du Saint-Siège, il a surtout été question de la défense et de la promotion de la vie, ainsi que du droit à l’objection de conscience du personnel médical. Il s’agit, a-t-il été précisé, de «questions qui sont dans l’intérêt de tous et qui constituent un grand défi pour l’avenir de tous les pays et le véritable progrès des peuples». Il a aussi été question d’immigration, en particulier de la question du regroupement familial.

«Les sujets de politique internationale ont aussi été au centre des rencontres, y compris à la lumière des résultats du sommet du G8», a encore indiqué le communiqué. Il a aussi été question «des perspectives de paix au Moyen-Orient, sur lesquelles existent des convergences», mais aussi du dialogue entre cultures et religions, de la crise économico-financière au niveau mondial et de ses implications éthiques, de la sécurité alimentaire, de l’aide au développement et surtout à l’Afrique et à l’Amérique latine, ainsi que du trafic de drogue. Enfin, a indiqué la note officielle, cette rencontre a été l’occasion de parler de «l’éducation à la tolérance dans chaque pays».

«J’ai eu une impression de grande sérénité, de grande cordialité», a ensuite aussi confié à la presse le ›porte-parole’ du Saint-Siège, le Père Federico Lombardi, qui a aussi évoqué «le charisme» du président Obama. Le jésuite, qui a recueilli les impressions de Benoît XVI a l’issue de cette rencontre, a confié que «le président (avait) affirmé très explicitement son engagement à faire tout son possible pour faire baisser le nombre d’avortements». Devant le pape, de façon plus anecdotique, Barack Obama a aussi fait part de sa satisfaction d’avoir étudié dans une école catholique.

35 minutes d’entretien privé

Benoît XVI, comme à l’accoutumée, avait accueilli son hôte sur le seuil de la bibliothèque apostolique. «C’est un grand honneur pour moi, merci beaucoup», a lancé Barack Obama au pape qui l’accueillait devant une meute de photographes. Puis les deux hommes sont allés s’asseoir autour du bureau du pape, ensuite rejoints par deux interprètes, une Américaine et Mgr Peter Wells, chef de la section anglophone de la secrétairerie d’Etat. Les mains jointes posées en avant sur le bureau du pape, vêtu d’un costume bleu nuit et particulièrement souriant, Barack Obama s’est entretenu avec Benoît XVI. Le G8 a été «très productif», a particulièrement confié le président américain au pape avant que les caméras ne se retirent.

Cet entretien privé à duré 35 minutes. Puis, le président américain a présenté au pape l’ensemble de sa délégation de huit personnes, à commencer par son épouse Michelle, vêtue d’une robe noire à manches longues et la tête recouverte d’une mantille, et certains de ses plus proches conseillers. Les deux filles du couple présidentiel et la mère de Michelle Obama avaient été présentées au pape auparavant.

Au moment du traditionnel échange de cadeaux, le président des Etats-Unis a offert au pape une étole ivoire brodée d’or qui fut posée pendant une vingtaine d’années sur le corps du premier saint américain, saint John Neumann (1811-1860), à Philadelphie.

Quant à Benoît XVI, il a offert à Barack Obama une mosaïque représentant une fontaine de la place Saint-Pierre et la basilique vaticane, une copie signée de son Encyclique Caritas in veritate, ainsi que des médailles du pontificat. Il a aussi offert un exemplaire de l’Instruction Dignitas personae «sur certaines questions de bioéthique» publiée le 12 décembre 2008 par la Congrégation pour la doctrine de la foi.

Renforcer les relations

Aux quelques journalistes qui assistaient à la rencontre, le secrétaire particulier du pape, Mgr Georg Ganswein, a indiqué que «la lecture» de l’Instruction Dignitas personae sur la bioéthique «pourrait aider le président américain à mieux comprendre la position de l’Eglise». «Nous en avons déjà parlé», a déclaré Barack Obama au pape en recevant de ses mains cet ouvrage avant de confier qu’il aurait ainsi «quelque chose à lire dans l’avion». Les questions de bioéthique sont un sujet sensible entre les Etats-Unis et le Saint-Siège. Ce dernier a plusieurs fois fait part de ses fortes réserves face aux positions pro-avortement du président démocrate, également favorable à la recherche sur les cellules souches embryonnaires. En mars dernier, Barack Obama avait ainsi autorisé le financement public de la recherche sur les cellules souches embryonnaires, refusé par son prédécesseur.

Avant de prendre congé, le président a souhaité que le Saint-Siège et les Etats-Unis puissent «construire de bonnes relations», avant de lancer au pape: «God bless you!»

Arrivé au Vatican à 16h (heure de Rome et Paris), le président américain avait rejoint à bord de sa limousine noire blindée la cour d’honneur du Palais apostolique, la Cour Saint-Damase, accueilli par son compatriote, Mgr James Harvey, préfet de la Maison pontificale. Après avoir serré la main de quelques ›gentilshommes’, il a rejoint en ascenseur le deuxième étage du Palais apostolique, escorté par les ›sediari’ jusqu’à un salon où il s’est entretenu avec le cardinal Tarcisio Bertone, secrétaire d’Etat du Saint-Siège, et Mgr Dominique Mamberti, secrétaire pour les relations avec les Etats. Plusieurs autres membres des deux délégations participaient à cette rencontre qui a duré moins de 15 minutes. (apic/imedia/ami/cp/bb)

10 juillet 2009 | 19:56
par webmaster@kath.ch
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