Pakistan: Une chapelle presbytérienne est occupée par des musulmans
Défilé de protestation et messe dans la rue
Rawalpindi, 24 octobre 2010 (Apic) Un défilé de protestation non violente et une messe dans la rue. C’est ainsi que les chrétiens au Pakistan ont porté à l’attention du gouvernement et de l’opinion publique le cas de l’occupation abusive de la chapelle chrétienne du Gordon College à Rawalpindi, dans l’université de l’Eglise presbytérienne.
Le 19 octobre la chapelle a été occupée par la violence, par un groupe de plus de 20 personnes qui ont fait irruption dans l’édifice et se sont barricadées à l’intérieur, rapporte l’agence catholique Fides. Il s’agit de fidèles musulmans qui, avec le soutien de certains politiciens locaux, revendiquent la propriété de l’édifice, sur la base de documents que les chrétiens jugent artificiels. Selon des informations transmises à Fides, le groupe entend s’approprier l’édifice et le vendre pour plusieurs millions de roupies.
Les chrétiens de Rawalpindi, ainsi que des associations de la société civile et des ONG, vont défiler à travers les rues de la ville pour demander justice. Des associations musulmanes modérées participent aussi au défilé. D’autre part, en signe de soutien et de solidarité, dimanche 24 octobre, les communautés chrétiennes de toutes les confessions se réunissent sur l’esplanade devant l’édifice pour y célébrer la liturgie dominicale, demandant à Dieu «la justice, la paix et la liberté pour les chrétiens du Pakistan».
Les forces de l’ordre ignorent l’occupation
L’Eglise presbytérienne a essayé de dénoncer le cas à la police, qui n’a encore enregistré officiellement aucun rapport sur ce qui s’est passé. D’autre part, les forces de l’ordre n’ont agit d’aucune façon pour arrêter les occupants ou libérer l’édifice. Des avocats chrétiens ont alors porté le cas au tribunal, dénonçant l’omerta de la police et demandant justice face à une violation ouverte des droits de plusieurs citoyens. Une première audience est prévue le 26 octobre.
Le pasteur presbytérien Iqbal Bhatti a expliqué à la presse: «Les parlementaires locaux de la Muslim League Nawaz Group et l’Administration du district ne veulent pas d’une église ici. Ils ont l’intention de la démolir». Les chrétiens locaux expliquent, alarmés, que «au Punjab, depuis que la Muslim League Nawaz est au pouvoir, les violences et les persécutions contre les chrétiens ont décidément augmenté».
La chapelle est restée fermée pendant 8 ans, faute de ministre de culte, et a été rouverte cette année à Pâques. Elle avait déjà été attaquée le Vendredi saint. L’édifice a été loué à l’Eglise presbytérienne par l’Evacuee Trust, un fonds gouvernemental qui garantit des terrains et des bâtiments à plusieurs communautés religieuses. Mais la direction du Fonds, notent des sources de Fides, subissent des pressions politiques d’hommes qui veulent frapper les minorités religieuses et bafouer leurs droits. Dans le passé, les communautés sikh et hindoues se sont aussi retrouvées dans les mêmes conditions, se voyant soustraire à l’improviste des propriétés et des biens immobiliers, souvent des sanctuaires ou des lieux de culte, régulièrement loués ou achetés par le fonds. (apic/fides/bb)



