St-Gall : Ouverture de l’assemblée plénière du Conseil des Conférences épiscopales d’Europe
Défis sociaux au menu des évêques européens
St-Gall, 27 septembre 2012 (Apic) L’assemblée plénière du Conseil des Conférences épiscopales d’Europe s’est ouverte le 27 septembre 2012 à St-Gall. Durant quatre jours, une quarantaine d’évêques venus de presque autant de pays échangeront sur le thème «les défis de notre temps aspects sociaux et spirituels».
C’est par le chant du Veni Creator Spiritu que la séance a été officiellement ouverte dans la salle du Grand Conseil du canton de St-Gall. Un lieu probablement assez peu habitué à rassembler autant d’ecclésiastiques et à entendre une telle invocation religieuse. C’est plus ordinairement en allemand qu’il est revenu à l’évêque du lieu, Mgr Markus Büchel, de prononcer l’allocution de bienvenue, en présence des représentants des autorités politiques cantonales et communales de St-Gall.
Mgr Büchel est particulièrement heureux et fier de recevoir cette réunion européenne. Elle fait honneur au diocèse, mais aussi à la cité qui fête cette année le 1400e anniversaire de l’arrivée dans la région du moine irlandais Gallus qui implanta le christianisme en Suisse orientale. En ayant depuis 35 ans le siège d’une organisation européenne, St-Gall poursuit son rayonnement religieux et culturel au-delà des frontières de la Suisse.
Un canton à l’image de son abbaye
A défaut de latin, le conseiller d’Etat Martin Gehrer a salué en italien les éminences et les excellences présentes dans la salle. Il leur a livré avec humour l’histoire de l’abbaye princière de St-Gall puis celle du canton qui en a pris en quelque sorte la succession, non seulement dans les bâtiments, mais aussi dans l’esprit démocratique cultivé au sein de la communauté bénédictine. Ce qui fait par exemple que le chapitre cathédral a conservé le droit d’élire l’évêque de St-Gall.
Au nom de la Conférence des évêques suisses, Mgr Norbert Brunner a insisté sur la communion et la solidarité entre les Eglises en Europe. A la communion, il a ajouté le principe de subsidiarité qui doit aussi gérer les relations au sein de l’Eglise. C’est dans ce sens qu’un organe de collégialité comme le CCEE prend toute son importance, a noté l’évêque de Sion. La collégialité y est «affective et effective».
Economie et évangélisation
Si la nouvelle évangélisation à laquelle nous aspirons est une question avant tout spirituelle et pastorale, elle ne peut en aucun cas s’affranchir des aspects sociaux et en particulier de la crise européenne actuelle, a souligné le cardinal Peter Erdö, président du CCEE. Pour l’archevêque de Budapest, les conditions dans lesquelles vivent les populations ne sont pas sans conséquence sur la foi. A l’instar du pape Benoît XVI, il place le débat sur le plan anthropologique. Aujourd’hui la tentation est forte aujourd’hui de confondre le bonheur avec le bien être du moment présent, sans se référer au passé ni penser à l’avenir. Ce qui rend l’espérance impossible. Le désespoir est devenu le grand mal de notre temps, note le cardinal Erdö.
Face à ce défi le CCEE discutera de trois aspects sociaux spécifiques. La question économique, avec la crise de l’euro et le changement des paradigmes concernant le travail, sera abordée par Kuno Schedler, professeur à l’université de St-Gall. Marta Cartabia, professeur de droit et juge de la cour constitutionnelle en Italie ouvrira le débat sur l’évolution des législations dans les domaines éthiques. Enfin Mgr André-Jospeh Léonard, archevêque de Malines-Bruxelles, s’interrogera sur les questions anthropologiques et le lien entre vie et foi.
Le Conseil des conférences épiscopales d’Europe
Pour le cardinal Peter Erdö, le Conseil des conférences épiscopales européennes est avant tout un formidable outil d’échange d’expériences entre les Eglises en Europe. Depuis sa fondation en 1971, il a permis en 40 ans d’avoir une approche bien meilleure des réalités ecclésiales du continent. La communion est bien plus qu’un concept théologique mais devient un enjeu concret. Les problèmes des diverses Eglises sont souvent les mêmes, mais ils surviennent à des rythmes différents ce qui permet d’en tirer des enseignements utiles pour les autres. De redonner espérance et motivation. «C’est passionnant, vivant, authentique et parfois émouvant», renchérit le vice-président du CCEE, le Polonais Mgr Jozef Michalik.
Des photos de la cérémonie d’ouverture de l’assemblée du CCEE sont disponibles auprès de l’Apic au prix de 80.– francs la première, 60.– les suivantes
(apic/mp)




