Nigeria: L’archevêque anglican de Jos appelle Londres à conditionner son aide au respect de la justice pour les victimes
Dégoûté par les violences interreligieuses récurrentes dans le pays
Lagos, 9 juillet 2010 (Apic) Le Révérend Benjamin Kwashi, archevêque anglican de Jos, ville du centre du Nigeria en bute à des violences récurrentes d’ordre confessionnel entre musulmans et chrétiens, a appelé la Grande-Bretagne à conditionner son aide au Nigeria au respect de la justice pour les victimes des troubles religieux dans le pays.
L’archevêque anglican s’est dit «frustré et en colère» contre ce qu’il a considéré comme un manque total d’aide aux victimes de «massacres de plus en plus sauvages». Il a plaidé en faveur de sanctions contre l’Etat, a rapporté le Service d’information catholique pour l’Afrique.
«Il y a un manque total d’aide. Vous nous apportez des moustiquaires et des bandages, mais il reste le problème-clé: celui de la capacité des dirigeants du pays d’assurer la justice pour tous», a-t-il souligné.
Le Révérend Kwasi, victime de trois tentatives d’assassinat
Le Révérend Kwasi qui a lui-même été victime de trois tentatives d’assassinat, a ajouté avoir été informé que des populations, converties au christianisme pendant les premières décennies du siècle derniers, sont entrain d’être forcées de retourner «à la tradition culturelle des guerriers». Ils sont dépossédés de leurs terres, sous la menace de musulmans hausa et fulani (peuhl).
Selon l’archevêque Kwashi, aux alentours de Kano, au nord, les «tueries» de chrétiens ont atteint maintenant «une dimension presque rituelle». Kano est aussi la ville natale de l’étudiant nigérian de l’Université de Londres, Umar Farouk Abdul Mutallab, qui a tenté, à la fin de l’année dernière, de faire sauter un avion américain pendant Noël. La ville et ses environs ont connu depuis 2001, plusieurs émeutes interconfessionnelles entre musulmans et chrétiens. C’est également l’une des premières villes du Nigeria à avoir introduit la charia ou loi islamique. Le mouvement islamiste domine et régie la vie dans cet état.
Kano a introduit la charia
Pour le Révérend Benjamin Kwashi, toutes les violences interreligieuses qui secouent périodiquement le Nigeria trouvent leurs racines dans cet Etat, avec des attaques contre les chrétiens, la destruction d’églises détruites et de commerces appartenant à des chrétiens, Les auteurs de ces violences restent impunis, déplore-t-il. JB/IBC
D’autre part, le journal de l’Eglise britannique «Church Times» a publié cette semaine un reportage sur les violences religieuses au Nigeria, à la suite d’une visite de Jenny Taylor, directrice de Lapido Media, dans les villages touchés récemment par des violences religieuses.
Dans ce reportage, Jenny Taylor souligne que ce qui se passe au Nigeria a été mal relaté par les journalistes occidentaux, tels que l’équipe de la télévision britannique Channel 4. Ces journalistes n’ont «aucune compréhension religieuse», a-t-elle estimé, ajoutant que la chaîne britannique a «mal fait» son reportage, notamment sur le plan des recherches, car le reportage font tout simplement porter le tort aux chrétiens. Les auteurs du reportage ont contesté cette appréciation. (apic/ibc/be)



