Liban: Le sommet islamo-chrétien lance un appel à libérer les otages aux mains des djihadistes à Ersal
Déjà deux soldats décapités par les jihadistes
Beyrouth, 25 septembre 2014 (Apic) Le sommet religieux islamo-chrétien qui s’est tenu le 25 septembre 2014 à Dar el-Fatwa, la plus haute instance de l’islam sunnite libanais basée à Beyrouth, a appelé le gouvernement à «œuvrer rapidement pour la libération des militaires» pris en otages par les jihadistes à Ersal, dans l’est du Liban.
Le 2 août dernier, quelque 30 militaires libanais, soldats et agents des Forces de sécurité intérieure (FSI) ont été enlevés par le soi-disant «Etat islamique» (EI) et le Front al-Nosra, la branche syrienne d’al-Qaïda, lors de combats entre l’armée et des miliciens venus de Syrie dans la localité sunnite d’Ersal. Les terroristes ont déjà décapité deux soldats libanais et menacent de faire de même avec d’autres otages si leurs revendications ne sont pas satisfaites. Les ravisseurs réclament la libération de détenus islamistes dans la prison de Roumieh, ainsi que le retrait des combattants du Hezbollah en Syrie, engagés aux côtés du régime de Bachar el-Assad.
Le sommet religieux islamo-chrétien se déroule à Beyrouth en présence du patriarche maronite, le cardinal Bechara Raï, du mufti de la République Abel Latif Deriane, du vice-président du Conseil supérieur chiite (CSC), cheikh Abdel Amir Kabalan, du cheikh Akl druze Naïm Hassan, ainsi que de représentants des patriarches orientaux se trouvant en dehors du Liban.
Des camps de réfugiés infiltrés par les terroristes d’al-Nosra et de Daech
Dans un communiqué lu par Mohammad el-Sammak, président du comité national pour le dialogue islamo-chrétien, les chefs religieux ont réclamé la libération des militaires détenus par les jihadistes. «Il est évident que parmi les sujets qui seront abordés, figure celui d’une élection présidentielle qui a trop tardé», déclare un observateur cité le 25 septembre par le quotidien libanais «L’Orient-Le Jour».
Les leaders religieux ont estimé qu’il est du devoir du Liban de remplir ses obligations humanitaires à l’égard des réfugiés syriens, soulignant toutefois que «le pays ne peut plus supporter le fardeau de réfugiés dont le nombre s’élève à plus du tiers de sa population». Ils ont dans ce contexte exhorté les communautés arabe et internationale à assumer leurs responsabilités. Des informations font état de l’infiltration des camps de réfugiés par des militants de l’opposition syrienne. L’Agence Nationale d’Information (ANI), dépendant du Ministère libanais de l’Information, rapporte que des réfugiés syriens ont hissé le 25 septembre un drapeau du groupe Etat islamique (EI, ex-Daech) en face du siège de la municipalité d’Ersal en guise de protestation contre les perquisitions effectuées par l’armée dans la ville.
Les chefs religieux libanais ont également dénoncé la vacance prolongée à la présidence et le retard dans l’élection du chef de l’Etat. Le président libanais Michel Sleiman a quitté le palais présidentiel de Baabda, le dernier jour de son mandat, la 24 mai 2014. Depuis, faute de consensus entre les factions politiques, le Liban n’a plus de président. (apic/ani/orj/be)




