Sri Lanka: Décès de Mgr Frank Marcus Fernando, évêque émérite de Chilaw Militant pour la justice sociale
Dénonciateur infatigable de la corruption et des injustices
Colombo, 25 août 2009 (Apic) Avocat des «sans voix», défenseur de l’environnement, dénonciateur infatigable de la corruption et des injustices commises contre le peuple, Mgr Frank Marcus Fernando, évêque émérite de Chilaw, est décédé le 24 août dernier, annonce l’Eglise catholique au Sri Lanka. Né à Tamita-Negombo, dans l’archidiocèse de Colombo, le 19 octobre 1931, il était devenu évêque à seulement 34 ans.
Figure de proue de l’épiscopat de l’île, les fidèles et les habitants de son diocèse se souviennent notamment des batailles qu’il avait menées pour la défense des petits pêcheurs, et sa lutte pour la protection de l’environnement. En 2004, il avait pris la tête de l’opposition aux lois anti-conversion proposées par le parti des moines bouddhistes.
Il s’était opposé aux lois anti-conversion proposées par les moines bouddhistes
Mgr Frank Marcus Fernando avait pris la tête de l’opposition à la «Loi de prohibition des conversions forcées à la religion» présentée au Parlement par des moines nationalistes élus députés au nom du Jathika Hela Urumaya (JHU, Héritage national cinghalais). Le projet de loi avait été rejeté par la Cour suprême en août 2005, du fait de certaines de ses dispositions, jugées contraires à la Constitution. Le JHU, à l’origine du projet, le présente régulièrement au vote des parlementaires depuis 2004, malgré le jugement de la Cour suprême qui l’avait déclaré incompatible avec la Constitution nationale, laquelle reconnaît la liberté religieuse.
L’évêque de Chilaw voyait dans cette loi un outil forgé par des éléments extrémistes du bouddhisme et dirigé contre les Eglises chrétiennes. L’évêque rappelait volontiers que les fondateurs de toutes les grandes religions avaient appelé leurs fidèles à répandre leurs enseignements. C’est ainsi, expliquait-il, que le bouddhisme s’est répandu en Afghanistan, en Birmanie, en Chine, au Japon, au Sri Lanka et en Thaïlande.
Moines bouddhistes nationalistes et intolérants
«Les missionnaires bouddhistes jouissent de la plus complète liberté de prédication et propagent le bouddhisme dans d’autres pays, mais, de retour au Sri Lanka, la situation est toute autre argumentait-il. Ajoutant, sur le ton de l’ironie: «Envoyez des missionnaires à l’étranger pour prêcher la tolérance et convertir. Mais, de retour à la maison, brûlez les églises, écrivez de nouvelles lois et jetez en prison les chrétiens».
Pour les moines bouddhistes du JHU, «l’identité bouddhiste» du Sri Lanka est menacée par les actions de chrétiens «fondamentalistes» qui cherchent à convertir des bouddhistes au christianisme. Fin 2003 et début 2004, une vingtaine d’églises catholiques et de temples protestants avaient été victimes d’attaques, attribuées à des extrémistes bouddhistes.
Sur quelque 20 millions d’habitants, les Sri Lankais sont bouddhistes à 69 %, hindous à 15 %, musulmans à 8 % et chrétiens à un petit peu moins de 8 %. Sur 1,5 million de chrétiens, les catholiques sont au nombre de 1,3 million. (apic/eda/asian/be)



