Honduras: Des bandes paramilitaires venues de Colombie soutiennent les putschistes

Dénonciation du Père Andres Tamayo, un religieux menacé de mort

Tegucigalpa, 13 octobre 2009 (Apic) Des bandes paramilitaires venues de Colombie soutiennent les putschistes qui se sont emparés du pouvoir au Honduras en juin dernier, dénonce le Père Andres Tamayo. Le célèbre défenseur de l’environnement a dénoncé cette présence militaire aux côtés du président de facto Roberto Micheletti sur les ondes de la radio colombienne RCN (www.rcn.com.co).

Alors que des experts de l’ONU ont tiré la sonnette d’alarme sur la présence au Honduras de «mercenaires», qui seraient des anciens paramilitaires de Colombie et d’autres pays latino-américains, le Père Andrés Tamayo a affirmé que ces hommes faisaient partie du système de répression au Honduras. Partisan du président renversé Manuel Zelaya, le prêtre d’origine salvadorienne – le gouvernement de Micheletti lui a ôté la citoyenneté hondurienne et il a été, selon ses dires, déplacé de sa paroisse – est menacé de mort.

Selon le Père Tamayo, les Colombiens seraient une bonne quarantaine, et des mercenaires d’autres pays, dont des Israéliens et des Centroaméricains, ont été recrutés par des grands propriétaires terriens. Le président de facto a démenti ces informations, affirmant que «le gouvernement n’a engagé absolument personne pour faire du tort à d’autres Honduriens, et nous n’allons jamais le faire».

Le religieux affirme que nombre de ces hommes se promènent masqués dans les rues. Au début du mois, l’Eglise catholique du Honduras, dont une partie de la hiérarchie s’est passablement discréditée en soutenant le coup d’Etat, a proposé sa médiation pour trouver une solution à la crise qui a isolé le pays depuis le renversement du président Zelaya le 28 juin dernier. Fin septembre, le diocèse de Santa Rosa de Copan, dirigé par Mgr Luis Alfonso Santos, avait une nouvelle fois condamné sans ambages le «coup d’Etat, fruit de l’injuste distribution de la richesse, qui engendre au Honduras de profondes inégalités en matière d’alimentation, de travail, d’éducation, de santé, de possibilité de s’exprimer et de participation citoyenne, étant donné que le 80% de notre population appauvrie est une nouvelle fois victime d’un jeu de pouvoirs où c’est l’orgueil des plus riches qui cherche à s’imposer». (apic/kna/rcn/be)

13 octobre 2009 | 11:17
par webmaster@kath.ch
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