Dénonciation du travail qui «rend esclave»
Rome: 1er mai : Le pape François déplore la recherche égoïste du profit
Rome, 1er mai 2013 (Apic) Au jour de la fête de saint Joseph travailleur, le 1er mai 2013, le pape François a dit sa proximité avec les chômeurs et rappelé que le travail donnait à l’homme sa dignité. Il a dénoncé une société «trop économiste» qui cherche «le profit égoïste». Devant une place Saint-Pierre noire de monde pour l’audience générale hebdomadaire, le pape a redit sa préoccupation pour le trafic des êtres humains, dénonçant en particulier «le travail qui rend esclave».
Au cours de sa catéchèse en italien, devant quelque 80 000 fidèles, le pape est ainsi revenu sur la figure de saint Joseph travailleur, fêté dans l’Eglise catholique le 1er mai, mais aussi sur celle de la Vierge Marie, auquel le mois de mai est traditionnellement consacré, soulignant l’importance de la prière du chapelet. Il est notamment revenu sur «la dignité et l’importance du travail».
«Le travail est un élément fondamental pour la dignité de l’homme», a expliqué le souverain pontife avant d’évoquer avec gravité les difficultés que traverse aujourd’hui le monde du travail et des entreprises dans de nombreux pays. Le pape François a expliqué qu’il pensait à ceux qui, et pas seulement des jeunes, sont au chômage, et cela «souvent à cause d’une conception trop économiste de la société qui cherche le profit égoïste en dehors des paramètres de la justice sociale».
Solidarité et espoir
Fortement applaudi, le pape a poursuivi en invitant le plus grand nombre à la solidarité, et plus précisément les responsables de la chose publique à de nouveaux efforts pour donner un nouvel élan au travail, à se préoccuper de la dignité de la personne et à ne jamais pas perdre espoir.
Puis le pape François, comme il l’avait fait le jour de Pâques dans son message Urbi et Orbi, a insisté sur une situation de travail dont il a confié qu’elle le préoccupe, celle du «travail qui rend esclave». «Combien de personnes, dans le monde entier, sont victimes de ce type d’esclavage dans lequel c’est la personne qui sert le travail, alors que c’est le travail qui doit offrir un service aux hommes afin qu’ils soient dignes», a déploré le pape.
«Je demande à tous les hommes de bonne volonté, a-t-il alors lancé avec insistance, un choix déterminé contre le trafic des personnes, au sein duquel figure le travail qui rend esclave».
Le matin même, célébrant la messe dans la chapelle de la Maison Sainte-Marthe où il réside toujours, le pape François avait déjà relevé que «l’homme et la femme qui travaillent sont dignes». Avant d’ajouter que «nombreux sont ceux qui veulent travailler et ne le peuvent pas». «C’est un poids sur notre conscience car, lorsque la société est organisée de façon à ce que tous n’aient pas la possibilité de travailler, d’être unis par la dignité du travail, cette société ne va pas bien : elle est injuste», avait affirmé le pape son homélie improvisée.
Le courage apostolique de Jean-Paul II
Au cours de l’audience générale, saluant les fidèles polonais, le pape François a évoqué le 2e anniversaire de la béatification de Jean-Paul II (1978-2005), célébrée le 1er mai 2011 par son prédécesseur Benoît XVI. Le nouveau pape a alors évoqué le «courage apostolique» et la vie de «foi» et de «charité» du pape polonais.
De nombreux Français participaient aussi à cette audience colorée et ensoleillée au cours de laquelle le cardinal André-Vingt Trois, archevêque de Paris, a notamment présenté au pape quelques prêtres de son diocèse.
Au tout début l’audience, pendant plus de 20 minutes, le pape avait fait un tour de la place Saint-Pierre, embrassant des dizaines de bébés et de jeunes enfants. Un instant, il est également descendu de son véhicule blanc afin de dialoguer avec une femme âgée et de l’embrasser affectueusement. (apic/imedia/ami/mp)




