Denver: le pape rencontre le président Bill Clinton (130893)

«Ne nous lassons pas de faire le bien»

Denver, 13août(APIC) Le pape Jean Paul II a rencontré pour la première

fois jeudi après-midi le président Bill Clinton venu l’accueillir sur

l’aéroport de Denver en compagnie de sa femme Hyllary et de leur fille

Chelsea. Le président américain, visiblement impressionné, a rendu hommage

au leadership moral du pape qui a répondu en invitant les Etats-Unis à se

montrer dignes de leur leadership mondial.

Au coeur de leur rencontre privée de 35 minutes, tenue en anglais sans

interprête, au Caroll Hall de la Regis University, seule université catholique du Colorado, le pape est revenu sur les thèmes qui lui sont chers. Il

a évoqué en particulier la résolution des conflits sanglants dans le monde,

en Bosnie, en Somalie, au Soudan, en Haïti et surtout au Proche-Orient. Le

président a pour sa part spécialement salué les nouvelles relations entre

le Vatican et Israël comme une contribution significative au processus de

paix au Proche-Orient. Selon les télévisions américaines, le thème de

l’avortement n’a pas été abordé lors de la rencontre. A la fin de l’entretien, le pape a remis une Bible à Bill Clinton. Le président a prié Jean

Paul II de conclure la discussion par une citation biblique. Le pape a

alors repris cet encouragement de saint Paul aux Galates: «Ne nous lassons

pas de faire le bien; car si nous ne nous décourageons pas, nous récolterons quand le moment sera venu.»

Il est trop tôt pour dire si cette entrevue marquera un tournant dans

les relations parfois tendues entre les Etats-Unis et le Saint-Siège, mais

le président n’a pas tari d’éloges sur la personnalité du chef de l’Eglise

catholique. «Nous vous saluons comme un avocat de la paix et de la justice,

comme une voie forte qui appelle faire cesser la haine et la faim.» Bien

qu’il ne soit pas catholique, Bill Clinton a revélé avoir été éduqué comme

enfant par des religieuses et comme jeune homme par des jésuites. Il a en

outre assuré que l’Amérique d’aujourd’hui faisait exactement ce que Jean

Paul II lui demandait lors de sa visite de 1987, à savoir lutter pour la

dignité de l’homme et le bien commun.

«Avec des millions de personnes dans le monde, je partage l’espoir que

les Etats-Unis ne reculeront devant aucun effort pour atteindre la vraie

liberté et approfondir les droits de l’homme et la solidarité», a répondu

Jean Paul II. Aucun Etat, pas même le plus puissant, ne peut vivre sans un

consensus sur les valeurs fondamentales, parmi lesquelles outre la dignité

humaine il faut retenir la franchise, la conscience de sa responsabilité,

la compréhension, la tolérance et la défense de la vie, a ajouté le pape

faisant ainsi allusion à la question de l’avortement et à la crise morale

qui secouent actuellement les Etats-Unis. (apic/cic/cip/mp)

13 août 1993 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 2  min.
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