Des allégations «sans fondement»

Allemagne: Pédophilie, le Vatican rejette les accusations à l’encontre de Mgr Zollitsch

Fribourg-en-Brisgau/Rome, 3 juin 2010 (Apic) Mgr Robert Zollitsch, président de la Conférence épiscopale allemande, est cité dans une affaire de pédophilie à la suite d’une plainte pour complicité d’abus sexuel, selon le parquet de Fribourg-en-Brisgau. Le Vatican a rejeté mercredi les accusations visant l’archevêque de Fribourg-en-Brisgau et transmis à la presse, dans la soirée du 2 juin 2010, un communiqué de ce diocèse qui affirme que cette accusation est «sans fondement». Le religieux cistercien était actif dans le diocèse de Coire, selon l’archevêché de Fribourg-en-Brisgau, et il a été immédiatement suspendu dès que l’affaire a été connue.

Le 2 juin, suite à des informations parues dans la presse allemande, le procureur de Fribourg-en-Brisgau a confirmé avoir ouvert une «enquête» contre Mgr Robert Zollitsch pour complicité d’abus sexuel, sur la base d’une plainte. Le plaignant, qui dit avoir été victime d’un moine de l’abbaye cistercienne de Birnau dans les années 1960, a affirmé que Mgr Zollitsch avait fermé les yeux sur ces abus et avait autorisé la réaffectation du moine dans le même monastère en 1987, quand il était responsable du personnel dans l’archidiocèse.

Du «sensationnalisme»

Dans un communiqué, l’archevêché de Fribourg-en-Brisgau a aussitôt précisé que l’abbaye cistercienne de Mehrerau – dont dépend le lieu de pèlerinage de Birnau – est «territoriale» et que son «unique responsable» est donc le «Père abbé compétent», selon le droit canonique. Dans ce communiqué diffusé ensuite par le Bureau de presse du Saint-Siège, l’archidiocèse allemand a alors affirmé que cette accusation et ces soupçons étaient «dénués de tout fondement» et «sensationnalistes».

L’ordinariat de Fribourg-en-Brisgau, en prenant contact avec l’ordre des cisterciens, avait déjà dans les mois précédents clairement déclaré que les soupçons contre le religieux devaient être traités rapidement. Il avait attiré l’attention de l’ordre religieux sur les conséquences à en tirer.

Dans son communiqué, l’archevêché a aussi affirmé n’avoir eu connaissance qu’en 2006 d’éventuels abus d’enfants dans les années 1960 au monastère de Birnau, et en avoir alors immédiatement informé l’ordre cistercien. Enfin, l’archevêché de Fribourg-en-Brisgau a noté que la plainte avait été communiquée non seulement au parquet mais aux journalistes, dans le but évident de susciter l’intérêt des médias pour des accusations de complicité d’abus sexuel contre un archevêque.

Les faits reprochés datent de la première moitié des années 60. Au moment où les faits ont été connus (en 2006, au moment de la plainte), le moine cistercien n’était plus à Birnau, dans l’archidiocèse de Fribourg-en-Brisgau. L’ordinariat a tout de suite pris contact avec l’abbé de Mehrerau en lui demandant de prendre les mesures nécessaires.

Prêtre actif dans le diocèse de Coire

Selon l’ordinariat, l’Abbé a assuré de le faire et promis également d’avertir aussitôt le diocèse de Coire. «Nous avons eu confiance dans cette promesse». Le Père s’est excusé pour l’affaire qui s’était passée à Birnau (une affaire prescrite au plan pénal) et affirmé qu’il s’agissait d’un cas unique. «Il y a eu en mars 2010 des indications qu’il devait y avoir d’autres cas d’abus commis par ce Père. Nous avons aussi transmis immédiatement cette information à l’actuel Abbé de Mehrerau par écrit et téléphoniquement, à nouveau avec la demande pressante de prendre les mesures nécessaires. A l’heure actuelle, comme l’a fait savoir l’Abbé, il a suspendu immédiatement le Père qui travaillait dans le diocèse de Coire et a transmis le cas à la police», a expliqué le vicaire général de Fribourg-en-Brisgau, Mgr . Fridolin Keck. (Cf. www.erzbistum-freiburg.de)

Rappelons qu’en février dernier, les évêques catholiques allemands avaient présenté des excuses pour les cas d’abus sexuels commis dans l’Eglise. En ouverture de l’assemblée générale de printemps de la Conférence épiscopale allemande, le 22 février à Fribourg-en-Brisgau, Mgr Robert Zollitsch, avait déclaré que les évêques voulaient parler de ce scandale avec le pape Benoît XVI. Il l’a fait personnellement au Vatican en rencontrant le pape. D’autres cas d’abus sont venus à jour, et plusieurs congrégations religieuses sont touchées, ainsi que le diocèse d’Hildesheim. La plupart de ces cas remontent aux années 1950 jusqu’aux années 1970. Ils devraient par conséquent être prescrits au plan pénal.

Mgr Zollitsch a qualifié les abus sexuel commis sur des jeunes de «crime abominable». Et de déclarer: «Je m’excuse au nom de l’Eglise catholique en Allemagne auprès de tout ceux qui ont été victimes d’un tel crime». De tels abus sont à réprouver en particulier dans l’Eglise, a-t-il estimé, parce que les enfants et les jeunes font particulièrement confiance au prêtre. (apic/imedia/kna/be)

3 juin 2010 | 11:58
par webmaster@kath.ch
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