Jérusalem: La Cour suprême stoppe les travaux du Mur de séparation dans la vallée de Crémisan
Des alternatives existent, mais l’Etat d’Israël s’entête
Jérusalem, 4 janvier 2014 (Apic) La Cour suprême israélienne a encore une fois décidé de reporter la validation du tracé du Mur de séparation qui mutilerait la vallée de Crémisan, près de Bethléem, se réjouit dans un communiqué du 4 février 2104 la Société Saint Yves. Cette organisation dépendant du Patriarcat de Jérusalem œuvre à la défense des droits de l’Homme. La barrière que veut ériger le gouvernement israélien au milieu des propriétés palestiniennes séparerait le couvent des salésiens de celui des sœurs salésiennes et intégrerait les terrains de familles palestiniennes de Beit Jala à la zone de la colonie israélienne de Gilo.
Cette volonté des Israéliens d’évincer 58 familles chrétiennes et de les déraciner de leurs terres ancestrales suscite le tollé dans le monde chrétien au plan international. Mgr Richard E. Pates, président de la Commission pour la justice internationale et la paix de la Conférence des évêques catholiques des Etats-Unis (USCCB), a interpellé le secrétaire d’Etat américain John Kerry au sujet du projet controversé du gouvernement israélien. Il lui demande d’intervenir et «de faire pression sur le gouvernement d’Israël afin qu’il cesse et renonce à ses efforts pour confisque inutilement les terres palestiniennes dans la Cisjordanie occupée».
Les évêques américains interpellent John Kerry
Le mois dernier, Mgr Richard E. Pates a rendu une visite de solidarité dans la vallée de Crémisan en compagnie d’évêques européens, canadiens et sud-africains. «Comme je contemplais la beauté de cette vallée agricole et que j’entendais le témoignage de familles chrétiennes dont la terre, les moyens de subsistance et le patrimoine multiséculaire sont menacés, j’étais simplement étonné par toute cette injustice…», écrit-il. Il s’était déjà adressé à John Kerry en mai dernier pour attirer son intention sur «l’injustice perpétrée dans la vallée de Crémisan, près de Bethléem, dans les Territoires palestiniens occupés». L’évêque américain estime que la vallée de Crémisan est «un microcosme éloquent qui prolonge et ajoute de sérieuses conséquences au conflit israélo-palestinien».
De son côté, la Société Saint Yves relève que la Cour suprême israélienne demande à l’Etat israélien de développer son argumentaire. «C’est une nouvelle optimiste pour les familles menacées de Beit Jala, et la certitude qu’elles ne seront pas délogées dans les six prochains mois», écrit l’ONG de défense des droits de l’Homme. La Cour suprême se demande s’il n’y a pas de voie alternative pour la clôture dans la zone considérée. Lundi 3 février, les juges ont demandé au Procureur général d’expliquer avant le 10 avril 2014 pourquoi l’itinéraire de Crémisan ne pourrait pas être modifié et pourquoi les autorités israélienne insistent tellement pour construire à cet emplacement.
Volonté de saisir les terres
Jusqu’à la réponse de l’Etat, tout travail doit être stoppé. La Cour a demandé au ministère de la Défense et au commandant de la Cisjordanie occupée d’annuler les décisions de confiscations dans la vallée de Crémisan. «L’affaire n’est pas terminée tant qu’une décision finale n’est pas arrêtée». La décision de la Cour est une indication que les juges ne sont pas enclins à tout simplement adopter la position de l’Etat. «Nous avons certainement un nouvel espoir, la réponse de la Cour est un bon signe», explique Zvi Avni, avocat de la Société Saint-Yves, représentant le couvent et l’école tenue par les Salésiens.
La Cour Suprême a proposé une nouvelle audience le 30 juillet 2014 pour discuter de la réponse de l’Etat et des réponses à y apporter aux familles de Crémisan. La vallée de Crémisan devrait être coupée au niveau de la Communauté si le Mur est construit comme prévu par l’Etat d’Israël. 58 familles chrétiennes et un couvent de Salésiens perdront leurs terres. Le couvent, qui tient une école, sera situé dans une zone militarisée et sera séparé du monastère voisin.
Il y a un an, le 24 avril 2013, le Comité d’appel spécial israélien pour la saisie des terres en vertu du droit d’urgence avait publié son verdict en faveur de l’Etat pour construire une route coupant la vallée de Crémisan et la séparant de Beit Jala. A l’audience de la Cour Suprême d’Israël le mercredi 29 janvier, le Conseil de la Paix et de la Sécurité, une association israélienne, avait déclaré, en se basant sur un avis d’experts, qu’une route alternative située en dessous de la colonie illégale de Gilo causerait beaucoup moins de torts à la communauté. Dans le même temps, cette voie répondrait aux besoins de sécurité d’Israël d’une meilleure manière. (apic/com/be)



